jeudi 7 novembre 2013

La Quenouille

Vous vous souvenez de Stéphane Dion?

Quand il a présenté ce vidéo mal cadré, mal éclairé et fort amateur, tout le monde a alors compris, les Libéraux plus que quiconque qu'ils avaient un poids-mouche au sommet de la pyramide et qu'il faudrait probablement se choisir un nouveau chef si on voulait se rebâtir une crédibilité.

On ne va pas à la guerre armé d'une quenouille.

En France, il y a la situation économique qui bien entendu mets du plomb dans l'aile d'un peu tout le monde mais aussi, depuis DSK, la France a une genou au sol. On a déboulonné Sarkozy de son trône pour le remplacer par François Hollande. Un coup de gueule du peuple français qui disait en somme Tasse-toi vieux con! on en a assez de ton arrogance. Plus gênant encore allait pointer son cou, soit la montée des supporters de Marine Le Pen, suivi des parades de la honte contre l'homosexualité et plus tard, l'exode des riches vers les pays voisins guidé par un acteur français débilisant.

Puis, au volant du paquebot français, le capitaine Hollande aura réussi à atteindre une abyssale cote de popularité de 23% de niveau de confiance, record peu enviable, et qui est appelé à ne pas remonter prochainement.

En effet, il y a eu ce cas Leonarda qui a réussi à lui seul, à faire détester Hollande à la fois de la droite, le trouvant trop mou, et à la fois de la gauche, le trouvant inhumain. De partout, on s'entend sur un dérapage de sa part.

Qu'est-ce que le cas Leonarda?
Le 9 octobre dernier, Leonarda Dibrani, jeune mineure de famille immigrée est interpellée en pleine sortie scolaire afin d'être expulsée vers le Kosovo. On la somme de rejoindre son père, expulsé la veille et sa mère ainsi que ses 5 frères et soeurs qui ont aussi été expulsés plus tôt. Décrite par certains médias comme s'étant déroulée sous les yeux de ses camarades de classe, l'interpellation de cette collégienne qui vivait en France depuis près de cinq ans provoque une vague d'indignation à travers le pays (L'arrestation s'est plutôt faite à l'abri des regards, dans la cour du collège Lucie-Aubrac de Pontarlier). Le président Hollande fait un appel à la télévision et annonce qu'il n'y a pas eu de faute de l'administration mais reconnaît un manque de discernement dans le fait que Leonarda ait été interpellée dans un contexte scolaire. Il annonce également que Leonarda pourra, si elle le souhaite, revenir seule en France. Ce qu'elle refusera, préférant rester avec sa famille.

La communication présidentielle sera sujette à de multiple sarcasmes.

D'autant plus que dans le conflit Syrien, perdant comme un John Baird fermant précipitamment son ambassade en Iran, le Président Hollande a tout suite lancé qu'il était prêt à partir en guerre. Seul au front, les autres grandes nations, États-Unis en tête lui ont plutôt suggérer de se faire du thé et de relaxer un brin. Qu'il n'y avait pas de hâte à se tirer dans le gouffre Syrien. Laissant la France, seule, le poing brandit bien haut, et un brin ridicule avec son flair politique.

Flair politique qui ne semble que pâlir après qu'Hollande eût joué au yoyo avec quelques politiques fiscales, une écotaxe entre autre qui a écoeuré à la fois les propriétaires de poids lourds et les verts et qui n'a fait qu'abrutir la popularité du petit président.

La semaine dernière aurait dû redorer son blason avec la libération de 4 otages français détenus au Sahel. Mais voilà, on a ensuite révélé que la France avait versée 30 millions en rançon, rançon qu'Hollande a toujours juré ne jamais verser à quelconque terroriste.

On voulait de la viande corsée, on sent la pâte molle.

La France comprend en ce moment qu'ils ont peut-être un poids-mouche au sommet de la pyramide et qu'il faudrait probablement se choisir un nouveau chef si on veut se rebâtir une crédibilité.

Un peu comme le Canada qui, merci Stephen, doit se refaire un nom à l'ONU.

mercredi 6 novembre 2013

Sons Du Haut de la Montagne

Quiconque clique sur ce que j'appelle "ma boîte culturelle" ici en haut à droite sur les mots J'écoute sous culturellement actuellement... sait que j'écoute généralement de la musique variée e dont les liens sont renouvelés aux trois, quatre jours. Des fois même aux deux jours, voire, des liens changés aux 24 heures.

Toutefois voilà plus d'une semaine que j'écoute inlassablement le dernier effort d'Arcade Fire. De jour en jour, l'album est devenu meilleur chaque fois. J'en suis au 7ème jour d'écoute et je jubile.

Complètement.

Et pourtant je comprendrais l'auditeur frustré de cette offrande musicale de 75 minutes-une seule minute de trop pour entrer sur une simple galette.
On a alors choisit de faire, comme les Beatles, Dylan, Led Zep, les Stones, GenesisThe Who, The ClashPink Floyd, Jimi, Miles, Stevie, George, Prince, GodyouspeedblackemperorSting, Frank, Eric et ses amis, Elton, James, The Boss, Fleetwood MacDavid Sylvian, The Cure, Kate Bush (mais pas David , en trichant oui...) l'album-double des dieux de la pop.

Après avoir surpris tout le monde en remportant le prestigieux album de l'année aux Grammys de 2011, on aurait pu s'attendre à ce que le groupe de Montréal prennent la planète d'assaut comme U2 l'avait fait après The Joshua Tree. (Arcade Fire fait d'ailleurs un clin d'œil à Bono dans la première minute ici).  Mais vous voyez, même The Suburbs, l'album précédent, n'allait pas inonder les ondes radios comme l'avait fait U2 dans les années 80-90. Alors que chez nous l'ADISQ honore de moins en moins la qualité, les Grammys semblent pour leur part se raffiner.

Reflektor, lancée mardi dernier, 4ème galette du band après Funeral, Neon Bible et The Suburbs, touche au bâtiment mais laisse le toit intact. Toujours le thème de la mort qui teinte tout ça. Ils ont rendu le son plus riche, quitte à être taxé de surproduire, ce qui aurait pu leur joueur un vilain tour (Daniel Boucher, where are you now?) mais que j'appellerais des rénovations sonores avec James Murphy de LCD Soundsytem, David Bowie, des effluves de Roxy MusicGary Glitter et l'écho des Flaming Lips, étaient plus-que-bienvenues pour mes oreilles exigeantes.

Un bon artiste est à mes yeux toujours un coup ou deux en avance sur ses contemporains. Et Arcade Fire se loge pour moi, là où se trouvaient Radiohead il n'y a pas si longtemps. (Ironiquement, c'était justement Radiohead qui peuplait mes oreilles dans mon jogging avant la sortie de Reflektor)

Contrairement à ce que L'ADISQ propose, si vous êtes un artiste:
OSEZ!
NEVER give people what they want.

La généreuse Régine chatouille fort agréablement mes oreilles dans Joan of Arc, We Exist guidée par une base* riche me plait beaucoup, la texture reggae de Flashbulb Eyes est tout à fait ennivrante, la chanson-titre me séduit nuit après nuit, entre le royaume des vivants et des morts, mais rien n'accote les sept parfaites minutes de Here Comes the Night Time qui me plait davantage écoute après écoute ou la parfaite Normal Person qui reste ma préférée d'entre toutes.

Fort de leurs Grammies qui leur ont donné carte blanche artistique pour leur projet suivant, ils ont peut-être perdu un peu de la chaleur des albums précédents et une proximité avec le (grand) public qui rendait certains passages des albums précédents si inclusifs. Toutefois ce qui sera aussi frustrant que fascinant pour l'auditeur moyen est l'impression absolue d'avoir saisi auditivement, avec des riffs rappelant tantôt les Stones, tantôt The Cure, tantôt Bowie, un groupe au sommet de son art.

Au sommet de la montagne pop.
Tentant de faire un contact visuel avec son public au loin.
Mais ayant fait mouche avec moi.
Ils sont tout à fait prêts à passer de montagne en montagne de toute façon.


*Vaguement évocatrice d'un beat d'amour adolescent

mardi 5 novembre 2013

Bain Dans l'Eau Sale

"Envoyez-moi dans une autre province!" aurait demandé Richard Bain, assassin du technicien Denis Blanchette, puisque qu'il est incapable de trouver un avocat voulant le défendre au Québec.

C'est que l'étrange bête est accusée d'assassinat, de multiple tentatives d'assassinat, d'incendie criminel et de possession illégale d'armes à feu.

Mais il fallait y penser avant Richard.
Avant.

Personne ne le retenait ce bougre de bougre, qui de toutes les idées qu'il avait en tête ce soir-là, a trouvé que le meilleur projet pour occuper un mardi soir était de quitter la Conception, de rouler en voiture jusqu'au centre-ville avec des bidons d'essence, quelques allumettes et armé comme aux États-Unis, et de soustraire à la vie quelques innocents.

Personne ne forçait Bain a habiter le Québec.

Ancien chef d'équipe dans une usine du secteur des métaux, Bain avait pris sa retraite en 2008, à l'âge de 58 ans. Hors des cadres régulés du travail, son attitude avait alors dramatiquement changée. Il était devenu légèrement paranoïaque. Il avait craint la maladie H1N1 et s'était bâti une sorte de refuge en cas de pandémie.

En 2009, à l'aube de ses 60 ans, Richard Bain a subitement quitté la femme avec qui il vivait depuis plusieurs années. Il a alors vendu son bungalow de Repentigny pour déménager dans les Laurentides. Il avait oublié dans la maison qu'il a vendue, deux fusils sur l'établi du sous-sol...

Il s'est ensuite mis à vendre des forfaits de pêche et de randonnées équestres à La Conception, près de Mont-Tremblant. Il se battait depuis pour obtenir des droits exclusifs sur un territoire entourant le lac Wade, situé sur des terres du gouvernement du Québec.

C'est là, fort probablement, qu'une crainte déjà ouvertement exprimée des "séparatistes francophones" s'était surement accentuée. Le délire paranoïde a pris le contrôle de ses sens. Homme difficile, les responsables de la ville de La Conception ont souvent répété que ses requêtes étaient lourdes, mal structurées et exigeantes pour les employés de la ville.

Amateur de kilts écossais et admirateur de Céline Dion, Richard Henry Bain conduisait un camion militaire arborant l'image de la souris Mickey, affublée d'un panache. Il s'en est servi pour conduire les enfants d'un camp de jour en pique-nique, à l'été 2011, et pour amener d'autres clients à son chalet - autrement inaccessible.

"Envoyez-moi dans une autre province!"

Fallait faire ça tout seul.
En levant les voiles si vous n'aimiez pas les gens à ce point.
Aujourd'hui, ils vous le rendent bien.
Les avocats du moins.

Payback time.



lundi 4 novembre 2013

Escalader l'Ivresse

Je regardais le mur, l'oeil dilaté par la fatigue, fixant ce joint, le voyant clairement ce joint que j'avais créé de mes mains, avec l'eau qui me coulait dans les cheveux, une douche qui me faisait tant de bien.

C'est tellement contre nature pour moi de faire du travail manuel. Construire une galerie, utiliser un "fish" pour passer du filage électrique, parler et comprendre les ampers, faire de l'entretien paysager, refaire sa salle de bain. Je ne suis jamais plus désorienté que dans un Canadian Tire, un Réno-Dépôt ou un Ro-Na.

Mais placez-moi chez Renaud-Bray, Chapters ou Archambault et je vous trouve Jodorowsky et l'influence qu'il a eu chez les autres, sans guide.

Tu es excrément, tu peux te changer en or.

Certains hommes se réalisent pleinement dans la rénovation. Beaucoup d'hommes en fait. Pas moi. Pour moi la rénovation est source de conflits perpétuels. D'abord avec l'amoureuse qui a été élevée avec un père perfectioniste à ce niveau et extraordinairement habile de ses mains. Vous pouvez donc imaginer, Jones, en train de faire son chemin de croix avec miss Know-it-all en arrière qui passe son temps à dire "Non, tu devrais pas faire ça de même"...Déjà que je m'écoeure à faire des choses dont je ne tire aucun plaisir, il faut en plus que je me tape cet oeil au dessus de mon épaule qui critique mes moindres faits et gestes? IN-SUP-POR-TA-BLE.

C'est vrai, le plaisir est complètement nul. Pas même l'ombre de fierté quand un travail est accompli. Ça m'étonne moi-même. Quand le beau-père et moi avons sacrifié l'ancienne galerie du cabanon et l'avons remplacé par une toute neuve, franchement belle (grâce à son talent pas le mien) sur une période de 5 jours, je n'avais aucun, mais alors aucun sentiment d'épanouissement. Simplement une irritation croissante qui était mise à terme. C'est tout à fait explicable car je n'y suis pour rien. Ou pour si peu. Comment être satisfait d'avoir exploité le talent d'un homme de plus de 70 ans? Quand je regarde la galerie du cabanon arrière, je la trouve très belle mais elle évoque aussi chez moi 5 jours de pure torture. C'est comme la piscine creusée qui a perdu 80% de son intérêt le jour où l'on clôturé. Depuis je vois une cage avec un trou d'eau au milieu.

C'est dommage. Pour moi, car ce talent non seulement je ne l'ai pas mais je n'ai surtout pas envie de le développer, mais aussi pour l'amoureuse qui souhaiterait assurément mieux à ce niveau de ma part.

Quand je me fais chier de la sorte, j'ai toujours le réflexe d'aller exorciser mon mal-être chez Renaud-Bray, Archambault ou Chapter/Indigo.

Pour le cabanon, je suis aller m'acheter trois films mettant en vedette Jean Dujardin qui me fait bien rire. Les trois films au total m'ont coûté 20$. Dans ces magasins je sais toujours flairer la bonne affaire. Chez Ro-Na, je choisis le maillet trop gros à 36 pouces qu'il faut que je retourne et échange contre un plus petit. Le beau-père, habile, m'a quelque fois fait faire la commission du retour après utilisation de l'article. C'est-à-dire, nous utilisons l'outil acheté, gardons les étiquettes, y faisons attention lors de l'utilisation et le retournons comme si ça avait été une location. Toujours avec la même explication "Manque de communication avec le beau-père, on a acheté le même outil ou il ne m'avait pas dit qu'il apporterait le sien et moi je ne me servirai jamais de cela" avec du flirt aussi à l'occasion quand la situation s'y prête parce qu'en flirt, là, je suis très fort.

J'escaladais l'ivresse de l'après-job-de-marde-sur-le-terrain quand l'amoureuse est venue me tirer en bas de ma falaise avec une stupeur sur les dégâts que j'avais fais. Moi qui attendait un "Ha je suis contente que l'électricité soit revenue à l'arrière de la maison!" j'ai plutôt reçu un "C'est épouvantable, qu'est-ce qui est arrivé aux roches autour de la piscine?".

"Elles ont été déplacées pour faire passer le fil six pouces sous terre de la maison au cabanon arrière, chérie du christ puis remises"

"Tout croche oui, c'est comme si il y avait eu un tremblement de terre sur le terrain arrière"
"C'est un chantier, une cuisine après la création du plat, donne-moi du temps..."

Ah pis de la marde! Elle sait bien que je vais 100% contre nature! Quand une princesse n'est pas en mesure d'apprécier les efforts du prince sous l'armure qui ne sera toujours qu'une armure qu'on remet au garde-robe par la suite, ça ne donne qu'envie de ne jamais la reporter cette sale armure. Désolé, j'ai pas le profil.


J'ai eu envie d'aller m'acheter du Don Cherry (Nooooooooooooooon pas lui! le non négligeable des deux) pour me relaxer mais j'ai préféré tâter du Pepsky* suivi du gin tonic. Puis je me suis assis sur cette galerie neuve de 4 mois et j'ai contemplé l'herbe. Il s'est mis à pleuvoir. Beaucoup. Un déluge, comme une colère des Dieux.

L'herbe.

Je regardais, l'oeil dilaté par la fatigue, fixant ce joint, ce joint que j'avais roulé de mes mains, avec l'eau qui me coulait dans les cheveux, une douche qui me faisait tant de bien.

J'ai plané pour oublier.
Ce condo que je n'ai jamais eu la chance d'avoir encore.

*Diet Pepsi & Whisky

dimanche 3 novembre 2013

Montréal Slam

(écrit) "Stuck in Speed Bump city where the only thing that's pretty is the thought of getting out..."
-Born again Dylan J.B. 

Quelle direction prend l'île aujourd'hui?

Jour d'Élection. Qui sera le nouveau capitaine de la Grand' ville?
Survol des candidats à la mairie de la 21ème "métropole des plus intelligentes"
(le lien devrait aussi aider Pasquale Harrison-Julien) 

Fat Denny C
Tout le monde vous le dira, quiconque est passé par Montréal-Nord a déjà croisé Denis Coderre.

À la fois idiot du village et jovialiste des rues de Montréal-Nord, Coderre a de l'expérience. Et il mise EXCLUSIVEMENT là-dessus. Aucune pancarte sur l'île du Gros Denis. L'argent sera mis ailleurs. Mais où? dans les poches des ti-zamis comme son ancien parti nous l'a souvent servi? C'est ce que certains craignent, la "tache" Libérale est dure à effacer du CV. Mais pour d'autres, c'est au contraire la voie de la simplicité, du dur labeur et l'écho du citoyen ordinaire. Coderre parle de Montréal comme d'un opportunité et surtout pas un problème. Il promet aussi de non seulement faire de la politique autrement mais aussi correctement. N'oublions jamais que de tels adverbes se confondent très souvent. Les saletés de la dernière semaine nuiront-elles à sa campagne? Nouveau visage ou anciens bandits?

Pourquoi il est premier? Quand on ne s’engage à rien de précis, on ne peut pas décevoir l’électeur.

Si la démocratie est représentative et que Coderre devient le Master DJ de la cité, faudra croire, qu'après Labeaume à Québec, on aura droit à notre grossier luron nous aussi.

Avec Coderre: On limite la hausse annuelle des taxes foncières au niveau de l’inflation, on ne baisse pas les taxes commerciales pour les entreprises (une demande pressante du milieu d’affaires), on voudrait voir le taux de chômage tomber sous les 7 % , on est pour le renversement de l’oléoduc d’Enbrige entre Sarnia et Montréal, on trouve trop rapide l’idée d’amnistie pour les firmes de génie-conseil en échange du remboursement « d’une partie des sommes » qui ont été encaissées incorrectement, on renégocie les régimes de retraite, on souhaite plus de voies réservées aux autobus et on demande à Air Canada d’amener plus de vols directs internationaux à partir de Montréal.


Richie B
C'est fou ce qu'on ne lui a pas collé l'image d'un premier centre celui-là. Toujours sur le deuxième parfois même le troisième trio. Et maintenant? Ferait-il un bon chef? Inspire-t-il confiance? Il fume en cachette, fait-il d'autres choses en cachette? Saura-t-il transformer son côté chien jappeur en leadership? Rigide, c'est bon ou c'est mauvais? Ça obscurcira son jugement?

Avec Bergeron: On limite la hausse annuelle des taxes foncières au niveau de l’inflation, on ne baisse pas les taxes commerciales pour les entreprises (une demande pressante du milieu d’affaires), on veut doubler la population au centre-ville. Pour rendre ce projet possible, on prévoit des voies réservées aux autobus et créer des commerces de proximité sur une surface de 2 millions de pieds carrés. Il y aurait plus de détaillants, de restaurants et d’écoles. On projet de tramway par le budget prévu dans les investissements. On prétend que la négociation est déjà en cours afin les firmes de génie-conseil paient une partie des sommes encaissées incorrectement et on continue de renégocier les régimes de retraite.

Mel J
Elle est jeune, elle est charmante, elle est forcément manipulatrice puisqu'elle a fait ses grades dans le spinning, métier de trafic d'image. Mais en politique, elle a ZÉRO expérience. Elle ne survit pas à la deuxième question. C'est ce qui charme autant que ça effraie. La peau neuve qui ferait remettre les pendules à zéro, mais aussi l'inexpérience qui ferait peut-être couler l'Île. Nous aurons un menteur c'est certain. Ça fait partie du DNA du politicien. Quel visage voulez-vous lui donner? le sien? Zavez le droit. Moi je voudrais plus de profondeur.

Avec Mélanie Joly: On limite la hausse annuelle des taxes foncières au niveau de l’inflation, on ne baisse pas les taxes commerciales pour les entreprises (une demande toujours pressante du milieu d’affaires), on affirme que Montréal est une « junkie » des taxes foncières, que son budget dépend trop de ses taxes, soit 67 %, et que dans les circonstances, il faut revoir le pacte fiscal avec le gouvernement du Québec et récupérer 0,5 point de pourcentage de la TVQ, valeur d’environ 300 millions de dollars, on veut mettre en place des conditions qui vont favoriser le développement économique, on propose l’amnistie pour les firmes de génie-conseil en échange du remboursement « d’une partie des sommes » qui ont été encaissées incorrectement, on propose le remboursement de la taxe de bienvenue aux ménages avec enfants et on propose que Montréal ait un droit de lock-out en ce qui concerne les régimes de retraites.

MC
L'homme d'affaire s'est fait servir une correction dans les sondages quand il a fait affaire à des appels robotisés. S'en relèvera-t-il? Sa tête grise, son sens de la business le serviront-ils? Comme maire? non. Comme conseiller pour le prochain patron de la Ville? oui.

Avec Marcel Côté: On limite la hausse annuelle des taxes foncières au niveau de l’inflation, on ne baisse pas les taxes commerciales pour les entreprises (une demande toujours pressante du milieu d’affaires que Côté à lui-même reconnu sans proposer de solutions), on dit que les taxes d’affaires à Montréal sont les plus élevées, mais ne prévoit pas les réduire, on est d’avis qu’il faudrait voir le chômage tomber sous le niveau de l’ensemble des régions du Québec (7,6 %) et sous celui de Toronto (7,9 %). Le taux de chômage de l’agglomération de Montréal est actuellement de 10 %, on veut continuer à renégocier les régimes de retraite et on vit de grands espoirs.

Pourquoi ce feeling que peu importe le résultat, ce sera n'importe quoi au bout du compte?
Que ce sera comme la chanson de l'année au gala de l'ADISQ, non représentatif de rien? Sinon, la source d'un certain écoeurement?

Le meilleur candidat ne se présente même pas.

Bon rave avec ses DJ en puissance quand même, l'heure est grave.

Et votez, peu importe votre passion du moment.
Prouvez que vous existez, ne serais-ce qu'une journée.
Today sur papier.

Que vous n'aimiez pas la musique proposée on s'en moque.
Vous allez l'entendre quand même et la subir.
Alors choisissez donc votre DJ

samedi 2 novembre 2013

Jean-Michel Basquiat

Deuxième enfant d'une famille de 4 enfants, Jean-Michel avait un père haitien et une mère d'origine afro-puerto ricaine. Enfant précoce élevé à Brooklyn, il sait parler français, anglais et espagnol avant ses 12 ans. À 8 ans, il est frappé par une voiture et pendant son séjour à l'hôpital, sa mère, qui l'encourage beaucoup dans ses stimulations artistiques, lui offre le livre Gray's Anatomy pour passer le temps. Ce livre aura un impact important sur l'oeuvre future de l'artiste.

Les parents de Basquiat se séparent alors qu'il est pré-adolescent, il perd un premier repère: la famille. Quand sa mère, la plus grande partisane de son développement artistique, est internée dans une institution pyschiâtrique, il perd un second repère.

À 15 ans, il fugue régulièrement et passe ses nuits sur des bancs de parc de New York. Quand il abandonne l'école, son père le bannit de la maison. Basquait apprend à se débrouiller et habite chez des amis. Il vend des t-shirts qu'il créé lui-même et des cartes postales du même ordre. Il travaille dans une boutique de linge.

À 16 ans, avec son ami Al Diaz, il forme un tandem de graffiteur: SAMO. Pendant deux ans, les édifices du Lower Manhattan affichent tous la signature du duo à la bonbonne de peinture. Un art est né quand en décembre 1978, le Village Voice signe un article mettant en vedette leur art. Quand l'amitié et la collaboration entre Basquait et Diaz se termine en 1979, ils annoncent que SAMO IS DEAD sur les murs de SoHo. La même année, il apparaît à la télévision dans l'émission de Glenn O'Brien avec lequel il développe une amitié et collaborera pour les prochaines années à son émission culturelle.

Il formera avec Shannon Dawson, Michael Holman, Nick Taylor, Wayne Clifford et Vincent Gallo le groupe de noise rock Gray. Il participera à un film indépendent d'O'Brien et son band en fera la trame sonore. La même année, il présente ses oeuvres à Andy Warhol qui en est ébloui et le prend sous son aile argentée. La formation Blondie en fait un DJ dans le clip d'un morceau classique de l'époque. Il participe au Times Square Show et le magazine Artforum lui consacre un article qui le rend de plus en plus public. Dans la communauté artistique de New York pour le moins. Il a une brève liaison avec une jeune Louisa Ciccone.

De 1980 à fin 1982, il faisait de la peinture sur toile, représentant le plus souvent des personnages squelettiques et des visages ressemblant à des masques. Ceci montrait son obsession de la mortalité de l'Homme. Il peignait aussi des éléments tirés de sa vie dans la rue : voitures, bâtiments, policiers, jeux d'enfants, graffitis.

Toujours en 1982, il crée et expose et s'inspire du travail de Robert Rauschenberg. Il bosse aussi avec David Bowie en totale panne de création. Bowie s'inspirera d'une photo de Basquiat pour la pochette de son prochain album. Entre 1983 et 1985, Warhol et Basquiat collaborent à une série de peintures. Basquiat présentera aussi des peintures sur panneaux de toutes matières et de toutes formes, et des tableaux individuels avec traverses intermédiaires visibles, une surface dense avec des écritures, des collages, et des représentations sans relation apparente les unes avec les autres. Ces travaux révèlent un fort intérêt pour l'identité noire et hispanique de Basquiat, son identification avec les personnages noirs historiques ou contemporains, et les événements qui leur sont liés. Vêtu de dispendieux costume Armani qui seront éclaboussés par de la peinture, il a aussi son style à la ville. En février 1985, il fait la une du Time Magazine comme artiste émergent soulignant son nouveau style de marketing et de parcours artistique. Il expose à la fameuse Mary Boone Gallery de SoHo.

Basquiat est un succès, mais il est aussi accro à l'héro. Il perd beaucoup de ses amis. Quand Warhol décède en 1987, Basquait perd son dernier repère. Il tombe dans une dépression dont il ne se relèvera jamais.


Vers 1986, et ce jusqu'à sa mort le style de Basquiat montre un nouveau genre de peinture figurative, différent, avec des sources, des symboles et un contenu contrastant avec ses autres peintures.

Il décède dans son studio d'une overdose en août 1988. Il n'avait que 27 ans.

Julian Schnabel lui consacre un fameux film en 1996.
Un splendide hommage.

vendredi 1 novembre 2013

Jour ou Nuit, Aucune Différence

(à D.W.)

"C'est l'homme de ma vie!" s'est exclamé Orphie.

Mais la vie d'Orphie ne compte que 20 printemps.
C'est fou les certitudes qu'on a à 20 ans.

Son homme, Toersten Hook, un accessoiriste d'origine hollandaise (Orphie est maquilleuse sur un projet télé avec lui) l'avait pourtant trichée trois jours avant cette affirmation. Et après quelques larmes, quelques cris, elle avait fini par lui pardonner.

Selon Orphie, quand les femmes trichent leur homme c'est qu'il y a une raison. Elle a été négligée par son chum, ignorée, incomprise ou encore c'est par revanche. L'infidélité féminine ne reflète jamais la personnalité de celle qui la commet. En somme, selon Orphie, les femmes ont besoin d'une raison pour tricher leur désir, les hommes n'ont besoin que d'une opportunité.

Orphie s'était tout de même demandé il y a trois jours: "Un homme peut-il être pardonné d'avoir triché sa blonde?".

Et sa conclusion avait été pourquoi pas?

Bien entendu ceci ne valait pas pour ceux qui étaient tant en amour avec leur pénis, leur corps, leur look qu'ils sentaient le besoin d'en faire profiter au plus grand nombre, les tricheurs en série, mais selon Orphie, il ne fallait pas voir la femme cocufiée comme étant l'idiote du village si elle choisissait de rester auprès de son homme malgré l'infidélité. Oui, il faudra s'expliquer comme si on était en thérapie, voire en suivre une si on en a les moyens. Oui, il faudra que le tricheur assume ce qu'il a fait et s'avoue irresponsable, égoïste ou immature, ou tout ça réuni. Mais a-t-il doit à une deuxième chance?

Oui, si elle veut bien la lui accorder. Et Orphie le voulait. Hook avait 6 ans de plus qu'elle mais il la rendait si heureuse!

L'erreur qu'Orphie avait faite était celle de bien des femmes: elle avait changé pour lui. Elle s'était nié quelques réalités pour lui plaire, s'était légèrement abrutie pour Hook et était devenue un peu ce trophée que les magazines, les vidéos, les films et le monde du hip-hop veulent bien vendre comme concept amoureux.

Orphie s'était convaincue de sa propre responsabilité dans l'infidélité de Hook.

L'Homme est un animal après tout et certains comportements, comme celui de Hook il y a trois jours avec cette comédienne figurante, ne le rendait pas plus vilain, tout juste humain.

Bad boy.
Orphie aimait les bad boys.

Orphie s'en confesserait ouvertement dans une émission de téléréalité où elle remporterait 2000$ pour ses talents culinaires. Quand l'émission en question serait finalement diffusée, trois mois plus tard, elle serait toutefois célibataire.

Puisque Hook, pendant qu'Orphie excusait ses pulsions publiquement, en privé, visiterait sous les draps Sophie, la comédienne principale du plateau sur lequel ils s'étaient rencontrés, et Amber, la chef maquilleuse, patronne d'Orphie.

Ce qui n'empêcherait pas cette dernière de clamer encore que Hook était l'homme de sa vie.
Du haut de ses 20 ans d'expérience de vie.
Et forte de 5 bonnes années entre filles dans une école sans garçons.

Les années où on peut étudier la maturité mâle et séparer l'orge de l'ivraie.

Orphie aurait toujours comme 15 minutes de gloire ce 22 minutes de télé disponible sur le web ou en rediffusion où elle confesserait sa naïveté débilisante.
À la fois témoignage visuel de son succès (culinaire), donc une victoire, mais voilée d'un peu d'humiliation publique.

Qui la tiendrait en otage encore un temps...