vendredi 25 octobre 2013

Minables Menteries de Minus

C'est fou ce que le cerveau cherche quelquefois les sentiers les plus empruntés.

Je vais toujours chez le même épicier et j'en connais les allées par cœur. Au point de faire ma liste en fonction des produits rencontrés.

Mais ce jour-là, j'étais sous la même bannière, mais dans une autre région du 450. Les allées étaient construites de la même façon, mais différentes aussi. Toutes de droite à gauche au lieu de gauche à droite. Et ma tête n'arrivait pas à trouver ce que je trouve généralement assez rapidement.

Routine, quand tu changes de mine.

Mon attention s'est alors portée sur cet homme tout près de l'allée des légumes dont le téléphone sonnait. Il me faisait un brin pitié avec son look d'adulescent. À peu près mon âge (41), des jeans dont le fond de culotte lui arrivait au genou, un homme refusant de vieillir. Il a répondu à son appel.

"allo?"
"..."
"Ouin non, j'suis pas au volant de l'auto, je suis à la quincaillerie" a-t-il menti me regardant droit dans les yeux.

Ça m'a rappelé cette fois, encore une fois à l'épicerie, cette fois dans la section des fruits, où une très appétissante jeune femme en tenue plus-que-menue, s'était penchée sur la rangée des poires me révélant la couleur de son slip. Parfaitement inconsciente de son environnement, elle s'était penchée tout juste devant moi subitement et je n'avais pu faire autrement que de planter les yeux, là où l'appétit sexuel le commandait à mon cerveau.
En relevant les yeux afin de chasser toute pensée lubrique, je tombais sur le visage d'un homme, une connaissance du passé parmi les parents du soccer de ma fille, de l'autre côté de l'allée. Il me saluait tout en recevant les poires que sa fille lui donnait, penchée sur les fruits dans une jupe franchement trop courte.

Avait-il surpris mon regard? Étais-je coupable d'avoir été saisi par ce moment impromptu d'excès de peau juvénile que je n'avais même pas cherché à voir? Est-ce qu'il avait cru que j'avais eu des pensées...bref! peu importe, mon corps, pour toutes questions, n'avait trouvé comme réponse que de me faire monter le sang à la tête et me faire rougir d'une culpabilité plus ou moins justifiée. Malaise.

Mais cette fois, je n'éprouvais aucun malaise face à cet homme qui mentait à sa blonde au téléphone, j'avais même un sourire au visage, je le trouvais trop ridicule. Minus. Il avait en main un gâteau Vachon et tentait probablement d'étouffer la tricherie de sa diète.

Il m'a vu le voir. Il m'a vu l'entendre mentir. Il m'a dévisagé au loin de manière agressive. Il m'a vu sourire de son blanc mensonge. Ça m'a rappelé cette autre fois où, là où je travaillais, j'étais sur le trône de toilette, terminant un #2, quand le téléphone de mon voisin de cabine avait sonné. Il avait alors répondu et prétendu être en réunion. Je m'étais donc appliqué à forcer un pet en le créant avec ma bouche dans mon coude et à tirer la chasse d'eau bruyamment afin de la discréditer dans sa prétendue réunion. Je l'avais entendu bégayer en me lavant les mains et répéter les "hein?" avant de rire de honte.

Le menteur de l'épicerie me scrutait encore à distance avec agitation quand j'ai terminé mon passage aux caisses. Je le voyais dans l'allée des caisses rapides. J'ai bien vu qu'il voulait me faire un mauvais parti.

??

Pour lui avoir souri?

Il me faisait signe qu'il m'attendrait dehors. J'avais encore plus le goût de rire.

J'ai eu le temps de me rendre à ma voiture et de remplir mon coffre de mes achats. Quand il est sorti de son pas agité, il semblait qu'un duel se préparait. Cette fois,  mon cerveau s'est vite remis sur pied. J'ai tourné la tête vers la pharmacie pas très loin d'où sortait un homme, au téléphone lui aussi. Un homme au look agressif (boule à zéro, barbichette, t-shirt moulant des muscles travaillés) qui s'est arrêté sur le perron de la pharmacie afin de poursuivre sa discussion au téléphone.

Je pris alors mon téléphone et le portai à mon oreille feignant de lui parler à lui.

"Oui allo?...Non...non...hey...hey...HEY...ELLE NE M'AVAIT PAS DIT QU'ELLE ÉTAIT MARIÉE!!! JE POUVAIS PAS SAVOIR!...OUI!...N'IMPORTE QUAND!...DANS LE PARKING DE L'ÉPICERIE EN FACE DE LA PHARMACIE...NOW!...VIENS ME CHERCHER! JE TE VOIS À LA PHARMACIE BITCH! POUR ME RECONNAÎTRE..."

Et là j'ai décrit le menteur au gâteau de l'épicerie qui se dirigeait vers moi et qui s'est arrêté net, réalisant que je venais de le décrire, rebroussant chemin pour aller organiser ses bebittes ailleurs.

Grugeant du gâteau goulûment dans le dos de sa blonde.

Non mais christ, j'ai encore le droit de sourire.

jeudi 24 octobre 2013

Peau-Rouge

Je ne suis pas un grand fan de la police de la langue.
Sinon déjà, je n'aurais pas utilisé le mot fan dans la phrase précédente, mais plutôt le mot partisan.

Je comprend que la langue évolue avec le temps. Petit, (mais fier) peuple cerclé d'anglophonie du Nord au Sud et d'Est en Ouest,  je trouve notre nation sensationnelle d'avoir réussi à sauvegardé une langue que je ne considère en rien menacée. Elle sera peu à peu anglicisée et rien n'est plus normal.

On appelle pas cela une langue qui régresse, on appelle ça une langue qui évolue. Certains ne sont jamais en mesure de faire le deuil du visage poupin d'un bébé revu 15 ans plus tard et maintenant passé à l'âge ado. Mais la vie continue. Et l'ado progressera en adulte. Peut-être mal mais il changera. À chacun sa vision là-dessus.

Il y a à peine 50 ans, le terme le plus respectueux pour parler d'une personne ayant la peau noire était le mot nègre. C'est encore et sera toujours une couleur. Le mot est dit 15 fois par Martin Luther King dans son plus fameux discours. Nègre remplaçait alors toute une série de mots, tous plus dégradants, réducteurs et discriminants les uns que les autres.

Toutefois avec le temps, le même mot est devenu une injure importante pour la communauté afro-américaine. Afro-américain, adjectifs aujourd'hui utilisés pour remplacer nègre. Jamais un entraineur de baseball ne dirait de son club "nous comptons 8 nègres et 12 blancs dans nos rangs". Il faudrait qu'il eût été coupé de la société dans les 50 dernières années pour ne pas réaliser qu'il insulte toute une communauté.

Vous choisiriez un autre mot pour parler de vos athlètes à la peau noire. Pas parce que des journalistes vous le feraient remarquer, pas parce qu'un regroupement d'artistes et de pseudos-vedettes de la télévision auraient signé un texte dans le journal pour décrier votre utilisation du mot, pas parce que des commentateurs ou des invités vous auraient corrigés. Parce que vous avez du bon sens. Et vos sens savent que l'utilisation du mot Nègre/nigger est aussi blessant et humiliant que le mot peau-rouge utilisé pour décrire les Amérindiens.

La preuve en est que vous n'utiliseriez probablement pas le mot en privé non plus sans risquer de vous faire reprendre. Un instructeur sportif ne dirait pas plus "nous avons 3 Tchèc, 3 Russes, 2 suédois, 11 Américains et un peau-rouge dans notre club".

J'ai utilisé le mot fif longtemps dans ma vie. C'était avant de rencontrer de vrais homosexuels et de comprendre que le terme était blessant. Quand je l'ai échappé dans les dernières années, c'était parce que j'étais en compagnie d'amis que je fréquentais quand j'étais ado et je m'en suis excusé aussitôt. Pas parce qu'il y a des gays dans mon entourage, parce que c'est réducteur pour toute une communauté. 100% des fois que j'avais utilisé ce mot dans les dernières années, c'était parce que j'avais aussi trop bu. Je ne dis plus ce terme. Parce que j'ai compris que c'est bête. Et même si il n'existait plus un homosexuel sur terre, je ne l'utiliserais plus.

Pourquoi? par décence.

Aux États-Unis en ce moment, et depuis 81 ans, il y a un club de football qui se nomme les Redskins de Washington. Les Peaux-Rouges.

Bon, entendons-nous qu'il y a 81 ans, c'était la manière de nommer les Amérindiens.
Entendons-nous aussi pour dire que tous ceux qui parlent de l'équipe de Washington ne visent en rien, consciemment, les Amérindiens.
Finalement, entendons nous aussi pour dire que la grande majorité de Amérindiens ne se sent pas (plus) blessé par un tel terme.

Reste que si votre club s'appelait les Chinetoks ou les jaunes, depuis 81 ans, ne voudriez pas au minimum altérer le nom? Juste un brin? Par délicatesse. (je sais le football n'est pas un sport délicat!)

Les appeler les Skins nous rappellerait encore le même club. Et faire jouer les bedaines (peau) contre les gilets a encore une connotation sportive. Certaines tenues moulantes (en patinage de vitesse entre autre) sont nommées Skins. Les pantalons de football sont très très moulants également.

Si on refaisait le film de 1934, The Gay Divorcee aujourd'hui on en changerait assurément le titre.

Pas parce que la fille a changé.

Parce qu'un des mots du titre n'a plus le même sens.

On appelle ça évoluer.

mercredi 23 octobre 2013

La Burqa d'Ottawa

Pendant qu'au Québec on se tire l'ethnie, au Canada, à Ottawa plus précisément, on choisit la Burqa.

Il y a 4 jours, Stephen Harper a exigé que seules les caméras soient présentes alors qu'il livrait un discours à son caucus. À l'exception de Sun News, les journalistes de la Tribune de la presse parlementaire ont refusé d'envoyer dans la salle des caméramans sans journalistes. On voulait de l'image pas des questions.

Stephen Harper n'aime pas qu'on le questionne.
Aaqil Najam aussi n'aime pas que sa femme le questionne.

Aujourd'hui, la semaine dernière, la commissaire à l'information a sonné l'alarme:
De nouvelles directives, toutes fraîches, émanant du cabinet Harper, contreviennent aux obligations les plus élémentaires des ministères en vertu de la Loi d'accès à l'information.

Depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir, le droit du public à l'information est étouffé. Les obstacles rencontrés lors de demandes d'accès à l'information et la quasi-impossibilité pour les journalistes de pouvoir questionner les ministres ou les responsables des politiques publiques sont devenues des scènes quotidiennes. Et presque normales, voire attendues comme on sait qu'on mouchera quand arrivera les grands froids.

Sauf que les grands froids sont incontrôlables.
Et Stephen aime le contrôle.
Comme l'époux islamique aime celui qu'il se donne sur sa femme.

Le bureau de la commission à l'information a reçu 35  % plus de plaintes dans les cinq premiers mois de l'année en cours, comparativement à l'an passé.

Harper bloque l'information mais ne bloque jamais la désinformation et en plus, pour faire bonne mesure, il tient à manipuler les informateurs.

combien d'entre vous sont convaincus qu'il gère de mains de main de maître l'économie au pays?
La propagande a remplacé la transparence à 100%.

Voici 14 énoncés qui correspondent plutôt bien au gouvernement canadien de Stephen Harper:
-Un nationalisme puissant et constant.
-Le mépris pour la reconnaissance des droits de la personne.
-L'identification d'ennemis ou de boucs émissaires (épelons ensemble avec l'accent anglais S-É-P-A-R-A-T-I-S-S) comme cause d'unité. C'est-à-dire diviser pour régner. (épelons ensemble C-H-A-R-T-E-D-E-S-V-A-L-E-U-R-S).
-La suprématie de l'armée.
-Un sexisme répressif.
-Des médias de masse sous contrôle.
-Une obsession de la sécurité.
-L'amalgame de la religion et du gouvernement.
-La protection du pouvoir des entreprises.
-La suppression du pouvoir des travailleurs.
-Le mépris pour les intellectuels et les arts.
-Une obsession avec le crime et le châtiment.
-Le règne du favoritisme et de la corruption
-Des élections frauduleuses

..non?...vous ne trouvez pas?...les robots-calls en Ontario (Élections frauduleuses), Favoritisme et corruption (scandales des dépenses au Sénat Duffy, Wallin, Brazeau), Le Québec (bouc-émissaires),

Le nationalisme, le sexisme latent, le mépris des artistes, le mélange religion/culture gouvernementale, le contrôle des médias, ça ne fait aucun doute en tout cas.

Vous savez d'où sont tirés ses 14 caractéristiques?

Du petit guide de reconnaissance du...

fascisme...


mardi 22 octobre 2013

Quelque Chose Comme de la Fumée et du Brouillard

J'avais pourtant toute les dispositions pour être de bonne humeur. J'avais vu ce matin-là la bande-annonce du prochain meilleur film de ma vie.

Et pourtant, en revenant d'être allé porté ma fille à pied à son école je broyais du noir.

Un proche disparu trop vite la veille, mais autre chose aussi.

C'est que voyez vous, leur enseignante, qui nous avait tous reçu et charmé par son approche, sa rigueur, sa créativité et ses compétences générales, celle duquel on disait déjà beaucoup de bien depuis 5 ans et qui était enfin l'enseignante de ma fille cette année; cette jeune femme en pleine lune de miel avec les élèves masculins comme féminins, avec les parents aussi, rassurés que leurs enfants soient entre d'excellentes mains, cette jeune femme donc, a aussi charmé d'autres gens de la commission scolaire et a quitté le bateau après trois semaines de navigation. La (sale) commission scolaire a choisi ce (terrible) moment pour lui offrir un poste dans leur rang, une promotion en soi, à l'éducation aux adultes et à l'intégration de nouveaux professeurs (she was that good).

Toutefois derrière, elle laissait des élèves en larmes (ma fille en lambeaux, j'ai cru sur le coup que son enseignante était morte!) et un train menaçant maintenant de dérailler. L'école se devait de réagir rapidement car l'enseignante, en larmes elle aussi devant cette situation impossible dont elle était à la fois la gagnante et la victime, quittait 4 jours après l'annonce de son nouveau poste.

Cette école, dont l'instabilité est légendaire déjà, a donc opté pour remplacer la première enseignante par une jeune autre...enceinte...

(...)

Enceinte...

Enceinte

ENCEINTE TABARNAK!
Il a été confirmé qu'en mars, cette jeune femme quittera elle aussi cette classe de cinquième année pour laisser quelqu'un d'autre reprendre les rênes de la classe de ma fille.

Analogie toute simple: Une équipe de hockey dont on change l'instructeur-chef trois fois dans l'année ne fera PAS les séries éliminatoires.
 Cette classe est larguée par son école.
Nos séries éliminatoires à nous c'est l'école secondaire qui exige pour l'admission dans deux ans, les bulletins de 5ème année et de 6ème année. Entendons nous tout de suite, qu'il s'agit de deux années scolaires très importantes. Cette jeune nouvelle enseignante a commencé avec un test en Univers Social où elle a corrigé les fautes d'orthographe. Je suis nettement en faveur de la correction des fautes d'orthographes, de les souligner dans un test d'Univers Social, OUI, mais d'enlever des points alors qu'on a la bonne réponse avec des mots difficiles c'est, selon la propre charte de leur commission scolaire, illégal. En Français c'est une faute, pas en Univers Social. 5 de ses réponses jugées mauvaises étaient les bonnes. Dans chacune de ses réponses elle avait oublié une lettre pas évidente. Un "t" dans Ottawa, un "g" dans Washington, deux "c" cachés au même endroit sur les mots Arctique et Antarctique et elle a été créative en ajoutant un "H" en ouverture du mot Ungava. Ses 5 points perdus, au final, changeant sa note de 10%. C'est pas rien 10%.

J'en avais parlé à l'enseignante qui a répondu en politicienne et en jeune femme atterrie trop vite. Elle s'était défendu en disant que c'était l'enseignante d'avant qui avait fait cette correction.

Bon.
Je ne joue pas la game des parents divorcés. J'en ai même rien à cirer.

Dur , très dur de sympathiser avec les commissions scolaires (ou les enseignants) de nos jours...

J'avais aussi laissé un message dans la boîte vocale de la directrice afin de lui discuter éventuellement d'une révision de cette note. J'étais resté poli et bien posé au téléphone mais l'irlando-amérindien en moi sentait son sang bouillir.

Je marchais donc sur le chemin du retour à la maison, par un matin gris d'automne, avec ce grief en tête quand une voiture de police est passé à plus de 100 Km/h à mes côtés en direction de l'école. Puis une autre, et une autre encore.

"What The Fuck?" ai-je dis à voix haute. Police pas police, c'est une zone de 30 km/h et ma fille venait tout juste de traverser la rue. Fallait se calmer le cul.


J'ai eu le réflexe de revenir sur mes pas.

Mon pas agité m'a mené là où la police s'était arrêtée. Dans une rue tout juste devant l'école de Punkee. Il y avait beaucoup de fumée. Des badauds. Moi. Une voiture en feu et...et...une forme au volant de la voiture....fuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuck...

Je n'ai pas voulu voir. Mes yeux se sont posés sur la fumée qui fonçait sur l'école de Punkee. L'école a fait entrer les élèves à l'intérieur. Une grosse odeur de térébenthine, d'essence, un périmètre de sécurité qui m'a repoussé jusque chez moi, une image de cadavre trop raide, trop maigre, trop à la merci des flammes, trop en feu.

Ma mémoire a soudainement souhaité du brouillard.

Pas le même qui peuplait la tête de cet homme.
Son matin à lui n'était pas gris, il avait été noir.
Noir à ne plus rien y voir.

Il avait toutefois probablement vu ce matin-là, la plus cauchemardesque bande-annonce du film du reste de sa vie.

(Rajout: sa remplaçante (la rousse de la saison 5...) Oh my fucking God! un autre cauchemar!)

lundi 21 octobre 2013

Steven qui éteint, Woody Qui Allume

Il y a un phénomène étrange qui se produit entre deux très talentueux réalisateurs des États-Unis.

Steven Spielberg et Woody Allen.

Il traîne autour du premier, une sorte de mauvais sort en ce qui concerne les actrices qui tournent dans ses films.
Il traîne, en revanche, une sorte de porte-bonheur autour des actrices qui font un passage chez Woody Allen.

Dès 1982, la guigne semblait rôder autour de Spielberg. Bon ce n'est pas lui qui a tourné Poltergeist mais c'est lui qui l'a scénarisé. Et on sait tout le mal qui a découlé de ce films chez ses jeunes participants. L'été de 1982 allait aussi être un véritable cauchemar pour l'as réalisateur. Mais le succès d'une charmante bestiole anale vient faire oublier tout ça.

Mais loin de ces horreurs, il y a ce genre d'éteignoir pour la carrière de plusieurs actrices qui ont passé devant la caméra du surdoué Steven.

Alors qu'un acteur passant chez Spielberg prend aussitôt du grade dans sa réputation (Richard Dreyfuss, Christian Bale, Sam Neill, Liam Neeson) pour les actrices c'est bizarrement beaucoup plus difficile. L'après Spielberg leur est presque fatal.

Voici 8 exemples.

Laura Dern: Avant Steven: Mask, Blue Velvet, Wild at Heart, Rambling Rose, puis avec Steven: Jurrassic Park. Alors que tous les participants du film de dinosaures allaient se servir du film comme tremplin, Laura allait se faire offrir un cadeau de David Lynch (très peu distribué ou vu), elle jouera dans le délicieux mais confidentiel film de John Curran tiré des nouvelles d'Andre Dubus et dans l'aigre-douce série de Mike White (qu'elle a aussi co-écrite/produite-je vous la recommande) , peu d'ouvrage sur les 20 ans quand même.

Frances O'Connor: Avant Steven: brillante dans Kiss or Kill, Parfaite dans Mansfield Park, Madame Bovary à la tivi, puis A.I.  le projet de Kubrick repris par Spielberg à la mort de Stan. Après, elle a disparu, tournant dans des films soit mauvais, soit tellement discrets qu'on aurait pu croire qu'elle a cesser de jouer.

Catherine Zeta-Jones: Avant Steven: The Legend of Zorro, Entrapement, High Fidelity, American Sweethearts, Traffic, Chicago et un Oscar, un passage chez les frères Coen, un autre avec Soderbergh avant The Terminal avec Tom Hanks...et le néant pendant 9 ans.

Miranda Richardson: Elle avait commencé sa carrière avec Steven, une carrière prometteuse qui ne resta qu'en périphérie toute sa vie. Ses meilleurs moments les gardant dans le monde d'Harry.

Lorraine Gary. Voilà une actrice qui travaillait très fort et partout de 1965 à 1975 afin d'essayer de se tailler une place dans le showbizz. Elle accepte l'invitation de Steven pour un "petit" film aquatique qui deviendra culte et giga-populaire. Mais pas Lorraine. Elle jouera dans la suite de Jaws, puis dans une autre suite puis quitte carrément le métier.

Karen Allen/Kate Capshaw/Allison Doody: ou le triple échec post-Indiana Jones. Aucune des trois n'a eu un semblant de carrière après Steven. Faux Kate partage le lit de Spielberg depuis mais on ne parle pas de cinéma ici...à moins qu'elle ne simule ses orgasmes...

**

Wood maintenant. Contrairement à l'ami Spielberg, Woody Allen sait écrire de grands rôles pour les femmes. Il avait pour idole l'un des meilleurs à ce niveau: Ingmar Bergman. Plusieurs de "ses" actrices non seulement verront leur carrière rehaussée par un passage devant sa caméra mais plusieurs d'entre elles rafleront même la précieuse statue Hollywoodienne qu'on appelle Oscar.

8 autres exemples:
Diane Keaton: Après déjà trois films avec le Woodster, Diane raflera l'Oscar de la meilleure actrice pour Annie Hall en 1977 en plus de lancer un nouveau style vestimentaire. Le reste de sa carrière est marqué par le respect.

Sigourney Weaver ne sera qu'une grande figurante dans ce même film triplement oscarisé mais la suite de sa carrière sera plus qu'honorable.

Geraldine Page a été nommée 8 fois pour un Oscar dans sa carrière. La sixième fois c'était pour Interiors de Woody Allen. Un rôle remarquable. Elle a eu le temps de briller à nouveau pour Stuart Rosenberg, Franc Roddam, Taylor Hackford et surtout pour Peter Masterson, film pour lequel elle rafle l'Oscar de la meilleure actrice avant de mourir 2 ans plus tard.

Maureen Stapleton jouait la seconde femme du mari de Geraldine Page dans Interiors. Elle a été nommée pour l'Oscar du meilleur second rôle féminin. Oscar qu'elle gagnera pour son tournage deux ans plus tard dans Reds.

Diane Wiest est une régulière de Woody Allen. Coquette dans The Purple Rose of Cairo, c'est avec Hannah & Her Sisters en 1987 et Bullets Over Broadway qu'elle raflera deux statuettes du meilleur second rôle féminin. Elle n'a plus rien à prouver à Hollywood maintenant.

Mira Sorvino n'était que la fille de Paul avant de tourner pour Woody Allen. Un Oscar plus tard, on la fera tourner pour Paul Auster, Spike Lee et Guillermo Del Toro.

Judy Davis a tourné dans Alice avant d'être redécouverte dans un film des frères Coen. Wood la réutilise dans Husbands & Wives, Deconstructing Harry, Celebrity et To Rome With Love. Elle aura une fort agréable carrière partagée entre les films, la télé et les courts-métrages.

Lea Seydoux est connue en France depuis 2006, mais en Amérique, jusqu'à tout récemment, elle n'était que cette splendeur furtive dans Inglorious Basterds et Midnight in Paris. Son joli minois aux yeux bridés, des cheveux bleus et ce fameux film l'ont rendue maintenant internationale.

(Étrangement, ça fait deux lundis de suite que je vous parle de Léa...)

Bon tout ceci ne prouve rien, sinon que je vois beaucoup trop de films et que je m'arrête parfois sur des conneries du genre.

Spielberg, malgré une vie matrimoniale exemplaire, serait mauvais pour les femmes.
Woody, malgré ce que certains lui reprochent en privé, serait ce qu'il y a de mieux.

(Cate Blanchett encore cette année)

dimanche 20 octobre 2013

Inclusives & Janettes

Les Janettes ont signé de 20 paires de main un court texte sur le projet de charte des valeurs au Québec. En faveur de la dite charte.

"En ce moment, le principe de l’égalité entre les sexes me semble compromis au nom de la liberté de religions.
J’aimerais vous rappeler que les hommes ont de tout temps, et encore de nos jours, utilisé la religion dans le but de dominer les femmes, de les mettre à leur place, c’est-à-dire en dessous d’eux."

disent en somme Janette Bertrand, Denise Filiatrault, Abla Farhoud, Brigitte Poupart, Chantal Renaud, Denise Robert, Djemila Benhabib, Édith Cochrane, Évelyne Rompré, Isabelle Le Pain, Joëlle Morin, Julie Snyder, Louise Mailloux, Marie-Anne Alepin, Michelle Blanc, Naïma Lamghoupi, Rakia Fourati, Rivkah Katz, Stéphanie Crête-Blais et Valéries Vennes.

Elles sont de tout âge.

Les Inclusives ont répliqué dès le lendemain.

20 autres femmes qui disent qu'au contraire, la charte des sois-disantes valeurs, faudrait laisser faire.

Parmi ses 20 signataires, Gretta Chambers, Eve-Lyne Cloutier, Judith Lussier, Dalila Awada. Parmi les signataires du manifeste des inclusifs, Richard Desjardins, Phillipe Falardeau, Dan Bigras.

Julie Miville-Deschênes, présidente du conseil du statut de la femme au Québec, a dit les femmes divisées sur le sujet. On ne saurait dire plus vrai.

Dire que les femmes voilées le portent par choix, c'est dire aussi que ce n'est pas une prescription. Qu'elle peuvent donc aussi choisir de l'enlever au travail. C'est cette prescription que tente d'annuler le PQ. Le voile contient une charge émotive considérable, une arme de destruction massive d'uniformité sociale. C'est le spectre de l'Islamisme que tente de contrer le gouvernement Marois, rien d'autre. Mais le PQ confond  les mots valeur et droit. Je regarde les dérives que ça a amené en France, je regarde les opinions que les gens émettent sur le sujet, et je trouve peu à peu la direction du Québec semblable à celle de la France. Le Québec s'en est d'ailleurs enorgueilli ouvertement en prenant les catastrophiques politiques françaises sur le sujet comme modèle. Denise Filiatrault a lancé le bal du dérapage la semaine dernière de manière gênante.

Sur le sujet je loge exactement où loge Cassivi.

Dans l'actuel débat sur la laïcité il y a le toujours très noble et non-négociable rapport d'égalité à atteindre entre les hommes et les femmes au Québec. Celles qui portent le voile en ce moment le font par coquetterie, par conviction religieuse et/ou politique, par esprit d'affirmation ou par soumission. Mais comment savoir qui le porte pour quoi? Sommes nous en train de choisir des couleurs codées pour chaque catégories?

L'effet pervers d'une telle charte dans une société démocratique comme la nôtre est de considérer l'intérêt personnel de chacun au lieu du bien commun.

Dans les rues de Montréal se tient aujourd'hui une marche contre le projet de charte des valeurs.
La semaine prochaine peut-être une autre marche POUR le projet de charte des valeurs.

Le Québec divisé tel qu'on le souhaitait.
À l'école de Stephen Harper, c'est-à-dire diviser pour mieux régner.

samedi 19 octobre 2013

Contrefficacité Publicitaire

Merci à cette pub télé de restauration rapide qui commence sa pub avec "chez nous, nous vous offrons des hamburgers sans blablabla, sans blublublu et sans stéroïdes..."

Je n'ai pas souvent écouté la suite car quand je vois des comédiens qu'on me fait passer pour des vrais gens de la rue, et ça, ça m'enrage. De toute façon, j'avais bloqué sur le mot stéroïdes. Nous fait-on comprendre que tous les autres burgers sont faits de stéroïdes?

Fin de la McBouffe pour moi, merci.
FOREVER. Merci publicité télé.



Dans une autre pub télé, deux hommes au bureau discutent à bâton rompus. Le premier assis à son bureau devant son ordinateur, le second, debout devant lui, café en main et sourire en bouche. Le téléspectateur arrive en fin de conversation entre les deux collègues. Puis, après une fraction de seconde, un autre collègue passe dans le couloir et les croise tous les deux. Celui qui était debout lui demande "Hey Alex tu viens tu à la conférence tantôt?". Le jeune homme prénommé Alex arrête de marcher et fixe les deux hommes.

(...)

Inconfort

(...)

Rien

(...)

Malaise absolu et certain.

(...)

les sourires s'effacent

(...)

Alex ne bronche pas. Pose plastique.

(...)

Les deux autres ont peur un peu, que se passe-t-il?

Puis il répond " Bien sur c'est moi qui fait la présentation"
Les deux collègues sont soulagés (mais secrètement le méprise)

Puis on nous montre le même collègue au volant de sa voiture, recevant un texto lui demandant "Hey Alex tu viens tu à la conférence tantôt?". Le conducteur ne répond pas et une voix hors-champs nous diras "Habituez les gens à attendre vos réponses, ça ne vous fera pas mourir".

Non.
Nononononononononononononononononon.

Premièrement c'est un mensonge. Aller plus loin et plus vite a encore dit notre premier Minus mercredi. Dans le monde de 2013, on nous demande continuellement d'aller plus vite, toujours, tout le temps. Ralentir ? C'est prêcher dans le désert, croyez-moi, j'en fais la promotion depuis bientôt 5 ans et je suis perçu comme un martien. Cette pub est non seulement hypocrite mais aussi très désagréable. Essayez de changer le rythme d'une journée comme le fait ce comédien et vous serez largué assez vite. OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII je comprends l'idée derrière et je suis 100% en faveur de sévère militantisme anti texto au volant. J'en suis la première victime TOUS LES JOURS que mes maîtres m'offrent sur cette planète et à défaut d'être injuste je vous dirais que le mal est largement féminin et chez les 35 ans et moins. Y a de l'argent à faire là, messieurs les flics!


Mais illustré ainsi dans cette pub? Raté.



Tout de suite après, comme pour bien illustrer mon point, une pub de téléphone intelligent où on nous montre dans un montage planétaire des gens au milieu d'activités festives ou intimes, en contact visiblement avec quelqu'un d'autre, donc là, au beau milieu de l'action et en même temps ailleurs avec d'autres. Tout est très beau, très sain, tout le monde est joyeux et on partage du bonheur sur 30 secondes.

Le/la protagoniste à l'image est plongé sur son téléphone pendant que l'effervescence fait rage derrière.

Derrière.

Un peu comme l'autre tantôt où 4 de mes neveux et nièces, ainsi que mes 2 enfants étaient tous assis à table au restaurant pendant que les grands jasaient et que personne ne se parlait chez les plus jeunes. Ensemble mais ailleurs. Isolés dans leurs téléphones/ipod. Ne jouissant en rien du moment présent et en se plongeant ailleurs. Je sais que pour sa part, mon fils, tout près de moi, était avec son amoureuse en texto, elle à Montréal, lui à Québec 95% de la soirée.

Et on nous demanderait d'être attentif?
À quoi donc?
Au son que le renard ferait?



I know, I know, close the goddamned Tv...