vendredi 5 juillet 2013

Avoir La Tête à Ed

"Il sera traité équitablement" disait Barrack.

PFFFFFFFFFFFF!

Dans tes rêves!
Bradley Manning, anyone?

Ed Snowden a révélé que les États-Unis, une fois de plus, se comportent en criminels en se plaçant au-dessus des lois en faisant de la surveillance envers quiconque soupçonné de tout et de rien.

Bonne chance si tu t'appelles Ibrahim Ishmael et que tu habites le pays de l'Oncle Sam. C'est suffisant pour avoir à apprendre à vivre harcelé dans les United States of Paranoia.

Edward Snowden est un héros coincé sur une planète hostile à son type de courage. Il a demandé l'asile à 21 pays différents. Certains de ceux-ci n'ont pas voulu de la patate chaude et ont tout de suite fait savoir qu'ils refuseraient avant même de recevoir la demande. Des 21 pays à qui Snowden a demandé l'asile plus de la moitié ont déjà refusé. Souvent pour des questions d'ordre diplomatique et de crise potentielle avec les États-Unis. Mais aussi certaines fois parce qu'ils exigent la présence physique dans leur pays pour ce type de demande. L'Amérique du Sud, qui a toujours montré une certaine indépendance par rapport aux États-Unis, et qui prospère plutôt bien sans manger dans la main des Étatsuniens, semblait un endroit de choix pour le pauvre pourchassé.

Et bien non.

Cette semaine, quand un avion qui devait atterrir en Bolivie a été freiné dans sa course en Autriche, on a fouillé partout à l'intérieur convaincu que Snowden s'y trouvait.

Il n'y était pas.

Le président bolivien Evo Morales y était toutefois et il a été profondément insulté et humilié de devoir se montrer si servile face aux brutes des États-Unis qui se croyaient tout permis. Morales revenait de Russie où il avait assisté à une conférence sur l'énergie et a aussitôt porté plainte aux Nations Unies. La France et le Portugal ont fermé leurs espaces aériens aux pilotes et l'avion a ainsi été détourné au pays de Mozart, mais il ne fait aucun doute, aucun, que ces ordres venaient des États-Unis.

Les leaders boliviens se sont sentis kidnappés par l'impérialisme.

L'Espagne a permis à l'avion de refaire le plein aux Îles Canaries lors de son second départ, mais seulement si on acceptait de fouiller l'avion de fond en comble.

Si ce que les États-Unis, qui se cherchent un nouveau Ben Laden, avaient fait ce qu'ils font subir à Snowden sous l'administration Bush, le pays serait actuellement en plein guerre civile.

Les vrais traîtres à la nation, à la dignité humaine, sont ceux qui veulent la tête de Snowden.
Maintenant, il faudrait trouver un endroit sans prison pour loger son corps. Vivant.
Ce que cet homme a fait, Snowden, était la bonne chose à faire.

Toutefois, les lois des États-Unis sont clairement vagues sur la chose:
Article 215:
Rules on records searches: Post-Patriot Act, third-party holders of your financial, library, travel, video rental, phone, medical, church, synagogue, and mosque records can be searched without your knowledge or consent, providing the government says it's trying to protect against terrorism.

En somme, il suffit de dire le mot Terrorisme et l'ensemble de vos droits seront suspendus.

Mais le terrorisme dans la bouche de Barrack et dans celle de Snowden ne goûte pas la même chose. Le premier prétend le combattre, le second affirme qu'il le propage. Il n'y a rien de plus vague aux États-Unis que le mot terrorisme.  Une étude de l'US Army datant de 1988 a recensé plus de 100 définitions du mot terrorisme. Alors comment ne pas penser que ce mot fourre-tout ne sert pas simplement les intérêts de tous et chacun?

Snowden a mis à jour ce que tout le monde soupçonnait de George Orwell à nos jours.
C'est comme si il annonçait à tous que la cigarette cause le cancer du poumon.

Il faut sauver le soldat Snowden.
Laissez tranquille le messager.
Faites face au miroir.
 

jeudi 4 juillet 2013

Jim Jarmush

Je m'amourache de Jarmush.

Quand il a eu 15 ans, il a du même coup eu tous ses cheveux blancs. Il se distinguait déjà dans son Ohio natal. Enfermé dans des salles de cinéma par sa mère irlando-allemande, occasionnelle critique de cinéma et versé dans la littérature par sa grand-mère paternelle tchécoslovaco-allemande, Jarmush, bien qu'étatsunien, se sentira toute sa vie comme un immigrant. Il dira de son enfance/adolescente que de grandir en Ohio n'aura été que d'essayer d'en sortir.

Il goûte son plaisir du cinéma en trainant à la cinémathèque à Paris pendant 10 mois, il étudie le cinoche à New York avec comme amis étudiants Spike Lee, Sara Driver (qui sera aussi son amoureuse) et Tom DiCillo qui sera son premier directeur photo sur un premier film qui n'impressionne personne (si bien que l'école refuse de lui donner un diplôme). Malgré tout ce film installe plusieurs des thèmes qui seront récurrents dans ses oeuvres: la errance, le développement narratif lent sinon absent, la musique, l'envie d'une atmosphère plutôt que d'un récit, centré sur le dévelopement d'un personnage, comme on trouverait dans un roman, minimaliste, idiosynchratique et peu préssé. My kind.

Quand il présente au réalisateur Nicholas Ray un de ses essais scénaristiques, celui-ci lui renvoie et lui dit qu'il ne s'y passe suffisament pas grand chose. Jarmush le réécrit donc avec encore moins d'action et lui présente à nouveau. Ray est séduit et l'engage sur son dernier film. Jarmush y rencontre aussi Wim Wenders et lui empruntera plus tard son directeur photo (Robbie Muller) pour ses propres longs-métrages. Son premier film, avec son ami DiCillo à la caméra, est un étirement de l'un de ses courts, en 1984.

Stranger Than Paradise, avec John Lurie, Ezster Balint et Richard Edson, raconte l'ennui de trois personnages qui tentent de s'en sortir en trois vignettes. Mais c'est beaucoup moins ennuyant que 90% des films de 1985. Vu. Aimé.

En 1986, Down By Law, reprend la formule du trio avec John Lurie, Tom Waits et Roberto Begnini (et madame Begnini à la ville, Nicoletta Braschi). Trois prisonniers qui n'ont rien en commun, sinon la même cellule et une évasion qui les rapprochera. Vu. Aimé.

En 1989, trois histoires évoluent en parallèle autour d'un hôtel de seconde zone : un couple de jeunes rockers japonais en pèlerinage, une jeune veuve venue chercher le cercueil de son mari et un groupe de copains éméchés en bordée dans Mystery Train. Mon amour de The Clash était comblé. Vu. Revu. Beaucoup aimé.

Mon amour démesuré pour Tom Waits en 1991 m'a fait découvrir une trame sonore au CEGEP qui m'a ensuite guidé vers Night On Earth, film en cinq séquences en taxi et autant de pays (Los Angeles, New York, Paris, Rome et Helsinki)  mettant en vedette entre autre Wynona Ryder, Gena Rowlands, Rosie Perez, Giancarlo Esposito, Armin Mueller-Stahl, Issac de Bankolé, Béatrice Dalle, Roberto Begnini et Matti Pellonpää. Vu et beaucoup aimé.

Dead Man en 1995 est un western psychédélique postmoderne à la Cormac McCarthy ou Kinky Friedman tourné en noir et blanc avec Johnny Depp, Crispin Glover, Iggy Pop, Alfred Molina, Gabriel Byrne, Billy Bob Thornton et sous les sons de guitare de Neil Young. Il y avait donc beaucoup à aimer pour moi mais étrangement je ne l'ai jamais vu. Dernier film de Robert Mitchum.

Deux ans plus tard, son association avec Neil Young se poursuit et Jarmush présente son documentaire sur la tournée de Neil et de son band. Pas vu.

Quand Ghost Dog: The Way of The Samuraï est sorti au printemps 1999, j'allais être père pour la première fois et j'ai toujours trouvé les histoires de samouraïs un peu puériles. Kill Bill? d'un ennui mortel. Pas vu l'histoire de Jarmush, celle d'un un tueur à gages afro-américain vivant sous les codes d'honneur des samouraïs du japon médiéval. Forest Whitaker dans le rôle titre.

En 2003, je recommunie avec J.J. et bien que ne consommant ni l'un, ni l'autre Coffee & Cigarettes me séduit beaucoup avec un collage de 11 histoires autour des deux accessoires, tournées entre 1986 et les années 2000. La vie peut être ralentie. La vie DOIT être ralentie.

Broken Flowers est mon film préféré de Jarmush. La trame sonore est magique, le casting: Bill Murray, Jeffrey Wright, Sharon Stone, Frances Conroy, Jessica Lange, Tilda Swinton, Julie Delpy, Alexis Dziena, Chloë Sevigny, parfait et l'histoire délicieuse. Un homme reçoit d'une ancienne amoureuse une lettre l'avertissant que son fils, dont il ignorait l'existence, le cherche. La lettre est toutefois non signée. Bill Murray revisite donc ses anciennes amoureuses une à une afin de savoir laquelle serait la mère. Un film à voir dans la nuit. Un film parfait in my book.

The Limits of Control passe plus ou moins innaperçu en 2009. Le titre du film est emprunté à un essai éponyme de William Burroughs datant de 1975 et rend hommage à Jean-Pierre Melville et à Jean-Luc Godard. Encore-là j'aurais dû voir. Mais non, pas vu. A-t-il seulement été distribué ici? Un homme solitaire, d'origine probablement africaine, accepte un contrat mystérieux de tueur de sang-froid dans un aéroport parisien.

Only Lovers Left Alive a été présenté au Festival de Cannes cette année. Gothique histoire de vampires mettant en vedette Tom Hiddleston, Tilda Swinton et Mia Wasikowska et John Hurt, le film a encore tout pour me plaire.

Jim a aussi tourné de clips pour Talking Heads, Big Audio Dynamite, Tom Waits (deux fois), Neil Young et The Raconteurs. Il a aussi fait l'acteur avec sa haute tête blanche dans une dizaine de films ou de projet télé des autres. Il joue aussi du clavier sur quelques disques.

Je t'aime, Jim.
Parce que farouchement indépendant.
Parce qu'instinctif et rarement inintéressant.

     Merci Ohio pour Whitey.
Happy B-day, USA

mercredi 3 juillet 2013

Va et Moi

J'ai toujours eu un drôle de rapport avec Vanessa Paradis.

Un rapport semi-incestueux. Comme si elle était ma soeur.
Forcément jumelle (bien que nous ne nous ressemblons en rien) puisqu'elle est aussi de la (grande) cuvée 1972.

Quand on l'a connu en 1987, j'avais aussi 15 ans et on découvrait une jeune fille qui bougeait horriblement mal sur un morceau plutôt mauvais. Mais je lui avais pardonné, je sentais qu'elle faisait semblant elle aussi. Comme un numéro de fin d'année pour faire plaisir au prof de musique en secondaire III.

La pitié s'emparait de moi quand, invitée à chanter Joe Le Taxi à Cannes en janvier 1988, elle a été huée, sifflée et qu'on lui a lancé des objets sur scène devant un public hostile et élevé chez les cochons.

Le réèl coup de foudre allait arriver trois mois plus tard quand elle a chanté deux mythes d'Amérique. Elle avait physiquement changée, persisté face à la risée. J'étais amoureux. La même année sortait un film inconfortable la mettant en vedette. Inconfortable parce que le film lui faisait jouer pratiquement son propre rôle. Celui d'une étudiante mineure et de sa liaison avec un enseignant plus âgé. À la ville, on apprenait que Florent Pagny, 26 ans, était son amoureux depuis qu'elle avait...15 ans...Cette relation durerait jusqu'à ses 18 ans. Comme si je devais défendre ma soeur, je me suis appliqué à ne jamais aimer Pagny. Et à me proposer pour l'un de ses titres.

Elle aurait une liaison de 1992 à 1996 avec Lenny Kravitz que j'avais beaucoup aimé en 1989 (mais pas charnellement quand même...).

Mais avant Lenny, en 1990, Gainsbourg, Serge, duquel je suis un grand GRAND fan, lui concoctait un album au complet. Sensuelle...Avec un ami aussi mélomane que moi à cette époque on faisait des top ten de fin d'année musicale chacun de son côté et on mettait ça ensemble pour voir qui gagnerait au combiné le titre de chanson de l'année. Dans le francophone, je me souviens y avoir mis Vanessa cette année-là.

En 1991, elle commet une bourde importante en direct. Comme ma soeur, le jour où elle est passée trop près du bouquet d'une mariée placée sur la rambarde d'un pont près d'un étendue d'eau et a fait tomber dans l'eau, le dit bouquet par mégarde. C'était une session photo tenue dans un parc public par des inconnus et nous avions fui suite à cette bourde en riant comme des guignols.

Puis, Vanessa avait beaucoup capté l'attention avec une pub encagée de parfum pour dame.

Chaque fois qu'on m'a demandé ce qu'était le "ultimate male" j'ai répondu Johnny Depp (encore aujourd'hui) parce que je le crois vraiment. Je ne devais pas être le seul à penser cela puisque Va allait passer 14 ans en sa compagnie et tricoter deux enfants avec. En plus de faire de la musique "Zougezer". (Vas-y Joe, Vas-y fonce...:)

Par la suite, je l'avoue, je l'ai suivi davantage au cinéma qu'à l'oreille. Elle a fait quelques essais en anglais et les Français quand ils se lancent dans l'anglais houlàlà... N'est pas Saez qui veut.

En 1995, sur grand écran, je l'avais beaucoup aimée dans l'étonnant Élisa. Beaucoup aussi quand Patrice Leconte faisait du Fellini.
Mais la musique de Paradis...bah...elle ne se rendait plus complètement à nous. Pas à mes oreilles en tout cas.
Toutefois quand elle ferait une conférence de presse pour Café de Flore, un film que je savais que je n'irais jamais voir, je me tordais quand même le cou pour la voir et l'entendre jaser du film aux journalistes. Comme une vieille amie qui avait grandie avec moi.

Puis, récemment dans le stationnement d'une quincaillerie*, dans la voiture sous une pluie froide, j'allais la réentendre à la radio, très agréablement et rester toute la chanson assis au volant comme paralysé par une mélodie au parfum des années 80.

Années qu'on a traversé sur nos continents respectifs au même âge.
Je me suis donc rendu au poste d'écoute le plus près pour entendre l'album double qu'elle avait récemment proposé pour l'Amérique.

Un généreux album double entièrement produit et réalisé par Benjamin Biolay (qui signe aussi 8 titres), Biolay que j'aime beaucoup, et qui contient les participations de plusieurs autres dont son ancien lover (Lo-veur) Johnny Depp. Elle chante en français, en anglais et en espagnol. Très bon en oreille les samedis matin.

J'ai été séduit.

Peut-être bien qu'on a rêvé la même chose tous les deux.
                                                   Et que c'était pas si mal...

Mais c'est con j'ai acheté complètement autre chose. Complètement. J'ai pas osé. L'inceste tu sais...J'ai triché quand même.

Je t'ai tout de même trouvée, Va
(Viens...)

Et dans ma verrière, j'ai rendez-vous avec toi.

Au téléphone, Hunter Jones change sa voix.


*Ça m'arrive tout le temps, bonne chanson à la radio ou non, je suis complètement désorienté dans les environs des quincaillerie, (pire, DANS la quincaillerie) et je paralyse souvent, perdu dans des décors dont je ne comprend rien des codes.

mardi 2 juillet 2013

Les Armes

Chris Kyle était un tireur d'élite qui avait publié un livre 8 mois après la mort de Ben Laden. Pas n'importe quel tireur d'élite, un super tireur d'élite, dont la vie sera prochainement tournée à Hollywood puisque Steven Spielberg s'est emparé de son histoire.

Eddie Routh, tout comme Kyle était aussi un soldat, frappé par le syndrome post-traumatique de la guerre, syndrome qui les anéantira tous les deux.

Chris Kyle était si bon tireur qu'il faisait plus de prouesses au fusil en une seule journée qu'un tireur d'élite professionnel du FBI le ferait dans toute sa carrière. Grand gaillard, blond, afable, bon vivant, très républicain, très à droite donc, très croyant aussi, rebelle aussi à sa façon. Il aimait entre autre transgresser les codes vestimentaires de l'armée. Se tailler les manches pour avoir les biceps dévoilés. Avoir sa casquette vissée à l'envers sur sa tête quand tout le monde portait le casque. Mais tel un gardien de but super-vedette d'un club de hockey, on ne lui tenait pas rigueur de ces quelques caprices, il était le meilleur de sa gang et ça lui donnait droit à quelques passes droit. Patient comme tireur, il l'était beaucoup moins dans la vie, se considérant comme un mélange brut de justicier et de bourreau.
À Ramadi, il avait tué d'une seule balle deux insurgés à motocyclette et il se faisait fier coq de ce fait d'armes. Ceci n'était pas passé inaperçu de l'autre côté non plus puisque sa tête avait été mise à prix en Irak et on offrait 20 000$ à quiconque l'assasinerait, on l'avait même baptisé Le Diable de Ramadi tellement sa légende précédait son équipe.

Malgré les exploits militaires, il a également assisté à l'horreur avec quelques têtes explosées d'une ou plusieurs balles alors qu'il est en pleine discussion avec la victime ou encore son coéquipier criblé de balles alors qu'il se tient à ses côtés. Avec le manque de sommeil et la fatigue qui s'en suit, il s'en culpabilisera beaucoup et les images lui resteront collées au cerveau. Il est alors plongé dans un présent éternel destructif mentalement. Sa fille en Amérique tombe au même moment malade et il revient donc aux États-Unis, non pas avant qu'un de ses bons amis ne saute sur une grenade et explose avec, pour sauver tout le monde autour.

Pour ces machines à tuer, le retour à la maison est extraordinairement désorientant, parfois plus que la zone de guerre en soi. Bertrand Travernier a fait un fabuleux film sur le sujet. Un homme hyper allumé en situation de guerre et mort n'importe où ailleurs. De la zone de combat au stationnement de centre commercial en banlieue, le choc est absolu. Pour 15% des soldats le syndrome de choc post-traumatique apparaît beaucoup plus clairement au retour. Les réflexes de survie adoptés en zone de guerre ne correspondent pas aux codes de la vie ordinaire du citoyen moyen d'Amérique. L'ajustement n'est pas que mental, il est aussi physique.
La culture du tireur d'élite, du gars de droite, du bon républicain est de ne jamais montrer de "faiblesses". Bien qu'ils soient théoriquement entrainés afin de supporter de voir une tête éclatée sous leurs yeux, quand ça arrive pour vrai, c'est une toute autre histoire. La proximité avec l'horreur pour les tireurs d'élite les fait scruter l'intimité de leurs victimes, avant, pendant et après les avoir abbatues.

L'être humain n'est pas construit pour être imperméable à cette horreur-là.

Insomnies, flashbacks, comportement inadéquats, sa femme lui posera un ultimatum: c'est moi ou la guerre. Kyle quitte alors l'armée et s'implique beaucoup dans le suivi accordé aux soldats en choc post-traumatiques. Toutefois ses démons vont le rattraper. Il tâte beaucoup de la bouteille, fait un grave accident, saoûl au volant, et devient de plus en plus mythomane prétendant que lors de l'ouragan Katrina, il était sur le toit du Superdome à tirer des pilleurs de la Nouvelle-Orléans (not true) ou encore qu'il a pété la gueule à l'ancien lutteur et ancien gouverneur Jesse Ventura (not true), bref, tout ne va pas hyper bien dans la tête du pauvre Chris Kyle. La perte de contact avec la réalité est totale, malgré le grand succès de son livre. Le profit des ventes sera d'ailleurs versé aux familles de soldats bléssés/traumatisés au combat en Irak et en Afghanistan.

Il oeuvre toujours comme présence rassurante et guide pour soldats en choc post-traumatique quand il croise la route d'Eddie Ray Routh.

Routh est un soldat de 25 ans, il a été déployé en Irak et a été consterné par ce qu'il a vécu là-bas. La torture des prisonniers entre autre le bouleverse profondémment. L'histoire n'est pas claire mais il semble aussi qu'il ait peut-être tué un enfant irakien, geste qui le hantera grandement. À son retour en Amréique en 2009, il est transformé, il a peur des feux d'artifices, des voitures qui font du bruit, il s'enferme longuement dans des pièces, seul. Il sera déployé en Haïti et aura comme tâche d'empiler des cadavres ce qui rajoute une couche de traumatisme à cet être déjà fragilisé. Sa mère reconnait le corps mais plus l'enfant. Il a des crises de panique, devient paranoïaque, éprouve de la colère dans des moments inusités, se trouve des maladies imaginaires. Il croit aussi que le gouvernement veut sa mort.

L'armée est pathétique dans le suivi accordée au soldat Routh se contentant de le médicamenter, ce qui ne fonctionne pas du tout, il s'enlise davantage.

Découragée, la mère de Routh l'envoie entre les mains de Chris Kyle. Kyle, a l'impression que de faire une sortie de "Boyz", une longue virée culminant dans un champs de tir où il pourront se défouler au fusil dans les champs, est la chose à faire. Ne serais-ce que pour mieux se connaître et établir un lien. Toutefois l'un des premiers symptômes de la dépression, du choc post-traumatique est la perte totale de confiance. Et Routh, visiblement ne fait pas confiance à Kyle. À 15h ils sont au champs de tir, à 17h, on trouve le cadavre de Chris Kyle, criblé de balles.

Routh se rend chez sa soeur et lui confesse que c'était probablement le seul moyen de s'armer contre lui-même. Être arrêté en envoyé en prison, encadré, lui paraît une bonne protection.

Le soutien psychologique des soldats de retour à la vie civile n'est pas armé pour les prendre en charge.

Le danger d'ostraciser tous ceux qui, bien que traumatisés, s'en sortiront est réel.

Une chose semble claire toutefois:
On ne guérit pas avec les armes.

Ça se passait aujourd'hui il y a 5 mois. 

lundi 1 juillet 2013

La Fosse Creusée dans le Lot d'un Cimetière (inondé)d'Alberta

Les épouvantails ont pris feu.

Il n'y a pas si longtemps, la secte conservatrice se targuait de livrer ce qu'elle avait promise pour contrer l'arrogance de l'adminisration précédente et voguait tranquille dans des eaux paisibles de conquérants ayant gagné le podium à coup de (vicieux) téléphone.

Mais à museler la presse comme ils le faisaient, à jouer au control freak et à incarner l'arrogance dont ils semblaient se dédouaner eux-même, ils ont fini par faire retourner les eaux.

C'est par un gros flat que la dernière session parlementeuse s'est terminée.

D'abord, le boxeur déchu, Martin Brazeau, plus jeune sénateur à être nommé dans le dernier refuge des amis du régime, a été impliqué dans une sordide histoire de violence et d'agression sexuelle. Avec en prime, une constatation que monsieur n'aimait pas beaucoup se pointer au Sénat (le pire taux d'absentéisme dans sa fonction) et qu'il avait reçu des sommes pour avoir prétendument habité une résidence et une ville où il avait à peine mis le pied.

Puis, ce fait divers parlementait qui raconte que deux sénateurs conservateurs et un libéral avaient tous trois un faux compte de dépenses et d'allocations, qui est devenu scandale quand il a été dévoilé que le chef du cabinet du Premier Minus-on est à la main droite du pouvoir maintenant- avait tenté d'étouffer le 90 000$ que le sénateur Mike Duffy avait escroquer sans vergogne. La GRC s'est mise au garde-à-vous et tout le monde a fini par démissionner. Même un député d'arrière-banc, dégoûté mais à qui il reste encore un brin de sens des valeurs.

Ironiquement, en claquant la porte, ce député de Calgary a répété mot pour mot les mêmes critiques formulées il y a quelques années par Stephen Harper à l'endroit des gouvernements libéraux de Jean Chrétien et de Paul Martin.

Saulie Zajdel, candidat-vedette et homme de confiance des conservateurs à Montréal a été arrêté le 17 juin dernier en même temps que le maire par intérim de Montréal. Il fait face à cinq chefs d'accusation d'abus de confiance, de fraudes envers le gouvernement, d'actes de corruption dans les affaires municipales et de commissions secrètes. Longtemps conseiller municipal dans l'ouest de Montréal, Zajdel avait tenté de se faire élire pour le Parti conservateur dans la circonscription de Mont-Royal en 2011. Il avait ensuite été nommé comme conseiller du ministre du Patrimoine, James Moore, mais avait toutefois démissionné à la suite d'accusations du Parti libéral qui affirmait qu'il était payé pour préparer sa prochaine campagne électorale.

Chez ses gens-là, se retirer de l'angle des camréas semble effacer toute trace du passé, pensent-ils.

Nooooooooooooooot!

Peter Penashue aura été un gros caillou dans le soulier du gros Steveune. Élu de justesse en 2011 dans Labrador, puis nommé ministre des Affaires intergouvernementales, M. Penashue a dû démissionner pour fraude électorale. Il s'est représenté dans une partielle pour se faire écraser non pas seulement par le candidat de Trudeau mais aussi par celui du NPD. Bev Oda avait aussi joué de la lunette fumées pour cacher ses yeux malhonnêtes à l'époque.

Enfin le mouvement Idle No More a aussi prouvé qu'en terme d'arrogance, les conservateurs sont passé maitres. Puisque cette autochtone qui faisait la grève de la faim faisait semblant de faire la grève de la faim, Stiveune a aussi fait semblant de s'interrésser à leur cause. Bien qu'il n'ait rien réglé encore, la patience et le militantisme indien a manqué de souffle, principalement pour des raisons de dissidences interne aussi mais ce qui est bien dans tout ça c'est que les conservateurs, et surtout ceux qui croient en eux, ne voit plus des idoles.

Idols no more.

Ils voient des gens qui tombent dans la piscine Deluzurdupoovwar.
Et certains entendent déjà le gros flat.

Je vous souhaite de bons déménagements aujourd'hui.
Et souhaite encore plus le déménagement du Québec, hors du Canada.