samedi 25 mai 2013

Agatha Christie

(à ma maman Chérie)
Agatha Miller est le troisième et dernier enfant d'un père courtier et d'une mère britannique d'origine irlandaise. Elle naît en 1890 à Torquay, une ville britannique, située en bordure de la Manche, au sud de l'Angleterre, dans le comté de Devon.

Entourée de femmes fortes et indépendantes dès son jeune âge, Agatha aura une éducation scolaire à domicile où sa mère lui enseigne la lecture, l'écriture et des notions de base en mathématiques. La jeune fille apprend aussi la mandoline et le piano.
Son père, à la santé fragile, décède d'une crise cardiaque à l'âge de 55 ans, Agatha en a 11. Elle sera envoyée en pensionnat à l'école où elle peine à s'ajuster au rhytme scolaire public. Elle terminera son éducation en France.

À 20 ans, la mère d'Agatha est malade et afin de changer d'air, elles décident ensemble de faire un voyage au Caire en Égypte, une destination fort populaire pour les britanniques dans les années 10. Elles y resteront trois mois et ceci sera l'étincelle de son intérêt futur pour l'archéologie et l'égyptologie.

C'est de retour en Angleterre, se magasinant un mari et malade au lit, qu'elle écrit sa première nouvelle de 6000 mots, The House of Beauty*. Elle se trouve un intérêt soudain pour l'écriture et envoie ses histoires aux magazines qui les publient quelquesfois sous des pseudonymes. Elle fait la rencontre d'Archie Christie, un soldat Indo-anglais qui la demande en marriage en 1912. Elle tente d'envoyer ses écrits à des maisons de publications mais sans succès. Elle marie Christie à Noël 1914 alors qu'il est en permission.

Quand la Première Grande Guerre fait rage, Archie part au front et Agatha s'y rendra aussi dans le rôle d'infirmière.  Elle y travaillera impayée de 1914 à 1916, avant de reçevoir rétroactivement 16 Livres par année en 1918...Le couple s'installe à St-John's Wood.

Grande fan de roman policiers, de ceux de Wilkie Collins et de Conan Arthur Doyle entre autre, elle s'essaie elle aussi au genre avec The Mysterious Affair at Styles. Elle y créé un personnage de détective belge à la tête d'oeuf et à la moustache raffinée inspiré des réfugiés belges qui fuyaient l'Allemagne pendant la guerre: Hercule Poirot. Elle donne naissance à une fille en 1919 avant que son roman ne soit enfin publié en 1920 à Londres, où le couple est maintenant installé puisqu'Archie y trouve emploi et maitresse.
Deux ans plus tard, Agatha Christie publie The Secret Adversary et nous présente le couple de détective Tommy & Tuppence pour la première fois: un homme et une femme, deux maîtres-chanteurs occasionnels, unissant leur forces afin de démasquer le crime. Ils seront de 4 romans d'Agatha entre 1922 et 1973. Avant la fin de l'année elle lance une autre aventure d'Hercule Poirot, Murder on the Links. Elle gagne maintenant 50 Livres Sterling par année.

Elle voyage alors avec son mari en Afrique du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Hawaii où ils deviennent parmi les premiers britanniques à apprendre le surf à Waikiki. Elle publie deux autres romans avant de revenir avec une aventure de Poirot en 1926 (inspirée par son mari) et d'apprendre les infidélités d'Archie qui lui avoue ne plus vouloir d'elle.

En décembre 1926, Agatha Christie disparait après une prise de bec d'avec Archie. On retrouve sa voiture, son permis de conduire et du linge sur  la banquette arrière, tard en soirée. Figure maintenant connue, avec une base de fan, elle le devient davantage et plus de 1000 policiers et 15 000 volontaires partent à sa recherche. Arthur Conan Doyle se mêle à tout ça et offre une récompense. Sa disparition fait même la une du New York Times et du Daily Mirror. Elle est retrouvée à l'hôtel Swan Hydropathic Hotel (aujourd'hui Old Swan Hotel) sous le nom de Teresa Neele. Sa mère décédée la même année, les infidélités conjuguales, le stress, elle aurait ou bien vécu une dépression ou simplement voulu gêner son mari. On ne le saura jamais. La publicité lui est à la fois bonne, à la fois malsaine car on l'accuse d'avoir voulu se faire du capital populaire. Les Christie divorcent en 1928.

Elle publie 4 autres romans avec beaucoup de succès avant de marier l'archéologue Max Mallowan avec lequel elle voyagera beaucoup. Miss Marple, une vieille dame, détective en pantoufle, inspirée de la propre grand-mère d'Agatha est créée. Elle écrira entre autre Murder on the Orient Express en 1934 dans une chambre du Pera Palace Hotel à Istanbul en Turquie. Le couple s'installe à Devon, et Christie habite régulière une chambre du Abney Hall à Cheshire dont son beau-frère est propriétaire. Elle y sera beaucoup inspirée. Les années 30 lui seront très bonnes à tous les niveaux.

Pendant la Seconde Grande Guerre, elle reprend du service comme infirmière, en pharmacie cette fois, et y apprend des nouvelles techniques d'empoisonnement qu'elle appliquera plus tard dans ses romans. Elle publie encore avec succès 10 autres nouvelles pendant le conflit. Les autorités la questionnent même quand dans son roman N & M (1942), elle semble en savoir plus qu'eux sur certains trucs d'espionnage. Dans l'un de ses romans de 1961, des symptômes, (la perte de cheveux entre autre) sur l'un des personnages aident même les étudiants en médecine à comprendre les effets du thallium.

Elle publie 30 romans entre 1945 et 1976 pour un total de 66. Elle est rendue riche par d'irréductibles fan de partout dans le monde (dont ma mère) avec sa technique du qui-à-fait-quoi? maintefois copiée depuis ne serait-ce que dans les séries télés Columbo ou Murder She Wrote. La reine du crime verra 35 des ses écrits adaptés pour la scène, la télé ou le cinéma. Hercule Poirot était régulièrement joué par Peter Ustinov ou David Suchet et Miss Marple par Julia Mackenzie ou Angela Lansbury.

Agatha Christie sera faite Dame en Angleterre et son mari Max Mallowan sera fait Sir trois ans avant elle pour ses découvertes archéologiques,devenant ainsi l'un des rares couples à avoir les deux titres pour des reconnaissances dans des domaines différents.

Elle décède en  janvier 1976, à 85 ans.

Seront publiées les deux dernières enquêtes de Poirot et Miss Marple post-mortem, deux livres écrits 35 ans auparavant et que Christie n'a pas eu le temps de réviser (ce qui explique plusieurs incohérences comme ses personnages morts qui réapparaissent).

Son oeuvre génèrera plus de 4 milliards de dollars et sera traduite dans 103 langues. Sa pièce The Mousetrap (La Souricière) n'aura jamais quitté l'affiche depuis 1952, un record.

The Murder of Roger Ackroyd, Peril at End House, Murder on the Orient Express, The A.B.C. Murders, Murder in Mesopotamia, Death on the Nile, And Then They Were None (autrefois ten little niggers puis ten little indians), Five Little Pigs, Crooked House, Evil Under the Sun, After The Funeral, A Murder is Announced, Endless Night, Curtain et Sleeping Murder seront ses plus populaires/réussis.

*Qui ne sera toutefois jamais de qualité suffisante pour être publiée.

vendredi 24 mai 2013

Badaud de Banlieue

L'amoureuse me trouve sniffeux comme les 'ti-vieux.

C'est sur, c'est une maladie de banlieue, être sniffeux.

C'est ben certain, dans nos rues, il ne se passe rien. Alors quand on y voit des gens circuler, je regarde. Ça fait parti des articles conflictuels entre la belle et moi. We agree to disagree sur les rideaux et les stores. Elle les veut pour pouvoir être à l'abri des regards et moi je ne les aimes pas parce que je ne peux pas voir dehors.

Et là quand je regarde ce couple de déshérités qui fouille nos vidanges chaque vendredi je me moque un peu de ce qu'ils y pigent mais quand je vois leurs têtes regarder longuement vers notre porte de garage fermée, je me demande toujours un peu si ils n'auraient pas envie qu'on l'oublie ouverte cette porte de garage. Et ces deux chiens au bout de cette laisse, ces chiens sur lesquels ils ne veillent plus quand ils, les deux maîtres, ont la tête dans nos vidanges, c'est sur mon terrain qu'ils défèquent. J'ai quand même le droit de savoir dans quel coin sera le caca mou parce que ces ânes ne le ramasseront pas toujours.

On a des nouveaux voisins dans l'autre moitié du jumelé depuis la mi-avril. Un jeune couple entre 25 et 35 ans. Pas d'enfant mais planifient bien d'en tricoter de l'autre côté de nos murs. Ils ont acheté du vieux veuf de 77 ans qui y logeait et ont aussi choisi de tout jeter à terre, les murs, les armoires; d'arracher les planchers d'en sabler de nouveaux, de poser de la céramique, non pas avant d'en enlever de détapisser certains murs aussi, de faire des trous avec des drills, de taper sur des clous. Bref, ils sont gentils et tout mais font un tapage assez infernal. Par défaut, moi qui suis habitué de traduire tranquille dans la cuisine ou dans la verrière, j'ai maitenant l'habitude de fermer portes et fenêtres et d'avoir le ipod vissé au tympan depuis quelques temps. Je sniffe aussi. Qu'est ce qu'ils gossent en ce moment en arrière? il va arracher tout le panneau de treillis de son côté? mais on va alors les voir se faire griller autour de leur piscine? et vice-versa?. Et faudra bien à un moment donné que je leur parle diplomatiquement de cet abri tempo illégal dont la neige tombe toujours sur nos voitures, nous empêchant d'y entrer parfois. Le voisin n'a plus 77 ans maintenant, il est jeune et pourrait la ramasser sans se tuer à l'ouvrage.

Mais là, ce jour-là, c'était l'autre voisin que j'entendais piocher de l'autre côté. Le voisin qui fait des phrases sans verbe et qui me croit gay car j'écoute du Bowie, ne m'intéresse pas aux voitures et encore moins aux travaux manuels. Je lui dirais bien que si j'étais gay, au contraire je serais le plus manuel des hommes mais ce serait donner de l'importance à son questionnement inutile.
Notre terrain est quelques 5 pieds plus haut que le sien, ce qui fait qu'avec les années, la clôture qui retient notre terrain ne le retenait plus avec autant de vigueur et menaçait de tomber carrément chez lui. À grands frais, on a fait creuser un peu chez lui et fait poser des tendeurs en forme de "L" dans le sol qui retiennent le mur de soutènnement de s'effondrer. Depuis trois ans, il n'a pas bougé grâce à ces tiges collés sur notre mur et dont la barre du "L" est enfoncée six pieds sous terre. Toutefois je remarque que depuis trois ans, son gazon, là où sont les tiges sous terre, n'a pas complètement repris, si bien que si on ne remarque pas les tiges le long de la clôture, on remarque en revanche très bien 7 lignes de gazon clairsemé d'à peu près 2 pieds et demie.
Bien que cet olibrius pourrait très facilement resemer et faire pousser du nouveau gazon, je m'attends toujours à ce qu'il m'en parle. Mais comme il fait des phrases sans verbes, il ne pourrait en rien me commander de réparer ou de faire quoi que ce soit.

J'étais près du BBQ, là où, entre le voisin et chez nous, il y a de massifs cèdres touffus de plus de 20 pieds qui offrent une certaine intimité . Je l'entendais piocher sur quelque chose en métal et me demandait What's he buildin' in there? J'avais même poussé l'audace jusqu'à plisser les yeux et tenter de voir ce qu'il fabriquait aux travers des cèdres. Comme un enfant espion tentant de voir les cuisses des jolies passantes. Ça avait très peu à voir avec la paranoia et tout à voir avec la curiosité d'un cuisinier qui s'ennuyait autour de son BBQ. Sans m'en rendre compte j'avais la tête très basse dans les cèdres et, plus je vieillis, plus je réalise qu'il faudrait que je portes mes lunettes plus souvent; je ne voyais rien. Je l'entendais toutefois marmonner un air poche de Charlebois, ce qui voulait dire qu'il avait lui-même probablement un Ipod en tête et n'avait donc, aucunement conscience de ma présence de l'autre côté des cèdres à tenter de scruter ses faits et gestes.

C'est à ce moment, que le jet de son boyau d'arrosage, qu'il aspergeait d'abord sur une pièce de métal non identifiée, a passé tout droit pour se frayer un chemin entre les cèdres et m'est entré en pleine bouille, la gueule ouverte aussitôt remplie, m'étouffant même, tout en me faisant tomber un genou au sol et rouler dans les copeaux de bois.

J'ai été forcé de reprendre mon souffle et allongé sur le sol, ai poussé un long rot que certains oiseaux ont pris comme un appel en saison de rut car ils ont plongé dans ma direction avant de reprendre leur vol.

J'ai eu aussi deux mouvements de gorge comme si j'allais vomir (sans y parvenir). Le voisin de l'autre côté n'a eu connaissance de rien.

Il marmonnait maintenant Concepcion.

Ça m'apprendra à sniffer.
J'ai pas de carrière de badaud qui m'attends

jeudi 23 mai 2013

Les Pires Espions sur Terre

Les espions sont les ultimes fabricants de théories conspiratrices. Soyons sérieux, sans soupçons, aucun besoin d'espion pour démasquer les plans ennemis. L'espions a donc intérêt à ce qu'existent des cellules terroristes ici et là. Ne serais-ce qu'afin de se rendre utile en tant qu'espion.

Leur carrière se bâtit autour de l'emprunt d'identité, le vol d'information, le rapportage et l'absolu discrétion dans l'exécution de ses manoeuvres. L'exposition et la révélation de son statut d'espion est la mort de sa carrière. Tel un poisson hors de l'eau, l'espion démasqué est aussi bon que condamné.


Les 12 espions qui suivront paieront de leur liberté leur manque de talent. Mais étaient-ils si mauvais ou ne tentaient-ils pas simplement de détourner l'attention de quelque choses de plus grand encore?

12. Le cercle d'espions du Pizza Hut:
En 2011, à Beyrouth, le Hezbollah a démasqué une équipe d'espions de la CIA qui était chargée d'espionner sur le mouvement politique chiite libanais. Ils se réunissaient ponctuellement à la pizzeria s'envoyant le subtil nom de code "PIZZA". Très rapidement, tous ses blancs mangeant de la pizza à Beyrouth ont compris qu'il ne s'y retrouvaient pas pour les bâtonnets de fromages gratuits.

11. Mata Hari.

10. En 2009, Stewart David Nozette, un éminent scientifique pour la NASA et un analyste au ministère de la défense aux États-Unis envoie tou bonnement un courriel, oui, oui, un courriel à ses contacts en pays étrangers afin d'offrir ses services comme espion à celui qui lui offre les meilleures conditions salariales. Le FBI s'empare du dossier, plante un faux israélien qui reçoit effectivement des dossiers ultra-secret de Nozette, aussitôt arrêté, et coffré pour les 12 prochaines années.

9. Anna Chapman. Le père de la jolie rousse était cadre au KGB. Vers 2003 ou 2004, Anna, installée à Londres reçoit d'inexplicables grosses sommes d'argent et fréquente des amis russes dont son mari britannique ne comprend rien de leurs échanges. Un an plus tard ils divorcent. Elle retourne en Russie en 2006 puis à New York où elle est rapidement démasquée. Entre autre quand elle livre son ordinateur à un faux réparateur d'ordinateur (un agent du FBI), quand elle s'achète un téléphone cellulaire avec l'adresse 99 Fake street, et quand elle envoie un courriel se plaignant que ses employeurs de Moscou ne veulent pas lui acheter la somptueuse maison du New Jersey promise. Elle est retournée en Russie dans un échange d'espions incompétents.

8. Reino Hayhanen. Au milieu des années 50, l'agent du KGB Rudolph Abel a réussit à installer un réseau d'espion aux États-Unis avec succès. On lui envoie un assistant de Moscou, Hayhanen, qui découvre les plaisirs de l'Amérique. Alcool, femmes, drogues, Hayhanen brûle la chandelle par les deux bouts à la Scarface. Bientôt, il confesse à des prostituées toutes les manoeuvres du KGB et assez rapidement il est ramené en Russie, où il fuira vers Paris afin de sauver sa peau. Pendant ce temps aux États-Unis, son patron Abel est coffré et le réseau exposé/démantelé.

7. 1997, Henri Paul est recruté par le Mossad israëlien afin d'espionner à même le chic hôtel Parisien le Ritz. En effet plusieurs passeurs d'armes y séjournent assez régulièrement. Toutefois la carrière d'espion de Paul ne dure pas une semaine quand le chauffeur de limousine obtient le contrat de conduire deux clients VIP et un garde du corps hors de l'hôtel. Intoxiqué au volant, Paul tuera la princesse Lady Diana, son amant Dodi Al-Fayed et se tuera aussi dans le processus en tentant de fuir les paparazzis.

6. John Walker a espionné pour les Russes pendant 17 ans à partir de 1968. Mais au lieu de se la jouer relax, il a commencé à s'acheter des bateaux, à se payer de luxueuses résidences et même à quitter sa femme pour une jeune poulette toute en courbes. Comment un simple superviseur en communication pouvait ainsi se payer tant de luxe? Quand la femme qu'il abandonnait lui a demandé de payer une pension mensuelle, Walker a bêtement refusé. Celle-ci connaissait son secret, l'a alors exposé et Walker est en prison depuis 1985. Il devrait sortir en 2015 si son diabète et son cancer de la gorge ne mettent pas un terme à sa vie avant.

5. Karl Lody avait été engagé dans le Première Grande Guerre par l'Allemagne afin d'espionner les armées Britanniques. Lody a tout de suite été demandé toute une série de questions aux britanniques travaillant autour des bateaux ancrés à Londres, tant de questions précises avec son gros accent germanique que ceux-ci ont vite compris que les dessins des bateaux qu'il faisait à leurs côtés n'étaient pas pour afficher dans son salon. Il a été arrêtté puis exécuté dans la tour de Londres.

4. Nathan Hale était un espion des États-Unis envoyé à New York afin de déterminer l'état des troupes britanniques qui s'y trouvaient pendant la guerre d'indépendance des États-Unis. Il se lie d'amitié avec Robert Rogers, celui-ci finit par lui dire qu'il est un espion pour le compte des États-Unis. Hale lui confie aussitôt que justement, lui aussi, et lui confie sa mission. Il est arrêté et pendu, Rogers étant effectivement espion, mais pour le compte des britanniques.

3. Aldrich Ames gagnait 60 000$ par année comme agent de le CIA. Pourtant quand il achète sa maison, il paie 540 000 $ en argent comptant. Entre 1985 et 1994, il fournissait le KGB en informations secrètes. Quand dans un voyage avec sa femme en Europe, sans date de retour, alors qu'il est suspecté d'espionnage, inclut un arrêt à Moscou, on l'arrête et le met en prison à vie.

2. Robert Hanssen, agent du FBI, vend ses informations aux russes entre 1979 et 2001. Sur un des enregistrements sonores d'un échange entre un russe et le traitre des États-Unis on entend celui-ci dire "Purple Pissing Japanese", une référence au film Patton, le film fétiche de Hanssen. Il est confronté, condamné et envoyé en tôle.

1. Ryan C. Fogle me fait rire depuis la semaine dernière. C'est à cause de sa mauvaise perruque blonde. Ce faux diplomate, mais réel agent de la CIA, devait enquêter sur le village où les frères assassins du marathon de Boston avait brièvement séjourné. Il a platement offert un contrat de délation à deux tchétchènes très mal ciblés qui l'ont aussitôt dénoncé. Il a été arrêté, renvoyé aux États-Unis, piteux pitou, et refait depuis son CV. On dit qu'il pourrait peut-être être costumier pour une troupe de théâtre de Chicago.

N'est pas James Bond qui veut. 

mercredi 22 mai 2013

GNe...

Comme dans GouverNEr.

La seule fois que j'ai croisé Degnis Coderre c'était au Benny & Co.

Benny & Co est un maître rotisseurs fondé par les frères Benny qui fait du sapré bon poulet depuis 1960. C'était sur Pie-IX à Montréal-Nord. Mon fils est dans la même classe que le petit-fils Benny. Faudra y retourner un jour, du sapré bon poulet.

Degnis aussi reconnaît la valeur de ce poulet. Quand je l'ai vu, il était seul et attendait lui aussi sa commande. Il était seul mais Coderre, à Montréal-Nord, n'est jamais réèllement seul. Il jasait avec tout le monde et personne à la fois. Il me faisait penser à Raymond Fillion, oui, oui, celui de la télévision, avec lequel je suis allé à l'école secondaire et qui se tenait dans les corridors lançant des phrases à tous et chacun. Mais si Fillion tendait des perches à la recherche d'amis, Coderre en revanche semblait savoir à qui il parlait et les gens intéréssé à ses propos. Des gens de la rue qui le connaissaient pour vrai et vice-versa. Il était au Fédéral à l'époque et j'avais peine à me faire une image de cet homme en ministre. C'était l'été et il portait une casquette des expos. Il portait aussi un t-shirt et des bermudas parfaitement dépareillés, si il voulait passer inaperçu s'était tout le contraire qui marquait d'emblée notre oeil.  Il portait aussi au bout du pied des espadrilles et de pâles bas tirant sur le beige. Bref, il avait un look assez particulier et on aurait pas tout de suite pensé "ministre" si on le voyait pour la première fois. Je ne l'avais pas jugé sur la forme, il a bien le droit de s'habiller comme il veut, après tout je suis d'avis que nous nous habillons d'abord et avant tout pour ne pas être nu publiquement. Mais quand sa commande de trois poulets est arrivée, là, je l'ai jugé d'aplomb et j'ai méchamment pensé que les trois poulets étaient tous pour lui.

Je méritais une baffe.
Je pensais tout de même que Degnis Coderre était au bon goût ce que Benny & Co. est à la haute gastronomie.

J'avais quitté les lieux du Benny & Co en me disant qu'il ne faisait pas sérieux. Les propos qu'il tenait, (dont je ne me rappelle plus le contenu trop distrait par le contenant), était aussi dignes des lignes ouvertes. Selon moi un dirigeant doit, oui, communier avec le peuple, mais se garde un peu au-dessus de la mêlée aussi. Il m'avait donné l'impression d'un homme très très seul. Depuis longtemps.

Ce sont souvent les gens seuls qui ont besoin de tremper dans la sauce de la foule tout le temps.

C'est pas vrai! C'était pas la seule fois! je l'avais aussi vu sortir en trombe d'un édifice tout près de l'aréna de Montréal-Nord. Comme quelqu'un qui devait aller mettre des sous dans un parcomètre. Cette fois en tenue officielle complet/veston/cravate. Seul à nouveau, ce qui a dû jouer sur mon subconscient quand je l'ai revu, seul, chez Benny & Co.

Quand Degnis-je suis incapable de parler de lui sans gnochonner son prénom-a finalement posé sa candidature à la mairie de Montréal jeudi dernier, après des mois et des mois de tâtage de terrain (afin d'évaluer ses appuis et de fourbir ses armes je présume), il a du même coup éventé le secret politique le moins bien gardé de l'Île. Alors qu'on savait tous que le truck arrivait dans l'entrée de la démocracie Montréalaise, on attendait tous de voir ce qu'il y avait dans le caisson. Une vision, une plateforme, une pensée, une direction. Mais non, rien.

Dans le tumulte absolu de quelques revendicateurs, dont deux lâchement masqués, le pauvre Degnis avait bien peu à présenter. Il a excessivement bien réagi face aux héleurs mais outre une passion pour Montréal que nous connaissions déjà et que personne ne mettait en doute, Degnis avait tout juste une poignée de candidats à nous présenter et, la mêche refoulée au vent, il a aussi eu quelques moments de nervosité qui trahissait un manque d'assurance, que ça, on ne lui connaissait pas.

C'est vrai il y avait deux cagoulés et des chahuteurs qui lui jouaient dans le dos et plus tard un homme de 85 ans entrant dans l'angle mort d'un policier en travail qui lui répondra comme le vieil homme le méritait alors. Le même angle mort qui aurait pu jouer des tours à un discours qu'il avait tout de même pris, quoi...6 mois?... à peaufiner...

...de là l'effet de la présentation d'un hot-dog alors qu'on attendait tous au moins, au minimum une entrée...

Les grands chefs ont toujours de la personalité. Qu'ils cuisinent du poulet ou non. Régis est enfantin et le temps nous dira si il ne fait pas un Gilles Vaillancourt de sa personne. Mais sa ville fleurit. Sa cuisine sent bon. Nous avons passé le dernier week-end dans le coin avec des gens merveilleux et l'attention sur les maisons à vendre dans le secteur de notre part trahissait un intérêt.

Jean Tremblay semble ralenti par l'effet d'une drogue quand il parle publiquement et son talent à manier le verbe me rappelle chaque fois de faire mon bénévolat pour les gens moins mentalement pourvu. Toutefois les gens sont généralement content de ce qu'il fait pour son village (à un Jésus près)

Ça prendra un chef fort pour une ville comme Montréal. Une cuisine aussi sale. Un chef Ramsay.

Quand j'ai vu Coderre, j'ai eu le réflexe de laisser s'échapper toute la poésie d'un bébé de six mois par ma bouche.

J'ai dit Gne...

En pensant que le vrai leader d'une grande ville attendait probablement encore quelque part de prendre le départ pour la mairie d'une ancienne grande ville...

Qui a pourtant tout ce qu'il faut pour redevenir grande.

(si Coderre était élu un jour il ne pourrait faire pire que Vaillancourt ou Ford, grands champions des pires maires au pays...)

mardi 21 mai 2013

Raymond Daniel Manczarek Jr. (1939-2013)

D'origine polonaise, la famille de Ray Manzarek a grandi dans le South Side de Chicago.

Très tôt têtu, c'est en joueur de basketball qu'il s'imagine faire carrière. Quand un de ses instructeurs lui ordonne de jouer à une position qui n'est pas celle que Manzarek souhaiterait jouer ou de quitter l'équipe, Ray quitte le club.

Étudiant le piano depuis toujours, il ira étudier le cinéma à Los Angeles où il est assis dans la même classe que Jim Morrison avec lequel il se lie d'amitié mais sans plus. Quand leur parcours universitaire est terminé, ils partent tous deux de leurs côtés. Dans cette classe il y fait aussi la rencontre de celle qui lui donnera un fils, Dorothy Fujikawa. Un peu plus d'un mois après sa graduation en cinéma de UCLA, il recroise Morrison par hasard à Venice Beach qui lui dit qu'il a écrit quelques chansons. Morrison lui chante une première version de Moonlight Drive et Manzarek est aussitôt séduit. Manzarek et Morrison fondent ensemble The Doors en cette nuit de 1965. Le groupe sera momentanément complété par les deux frères de Manzarek qui ne sont pas excessivement musiciens.

Le nom du band est inspiré d'un titre d'Aldous Huxley: The Doors of Perception

Morisson et Manzarek rencontrent Robbie Krieger et John Densmore à une conférence sur la méditation transcendantale donnée par le Maharishi en Californie, le premier joue de la guitare et le seconde de la batterie. Janvier 1966, The Doors n'existe plus que sur papier mais aussi sur scène.

Dans les bars miteux, le band pratiquent sa chimie sur scène. Avec la formation irlandaise Them, ils jouent au mythique Whisky-a-Gogo.

Bien que Densmore et Manzarek soient crédités avec les deux autres pour la plupart des titres (car c'est vrai ils travaillent leurs partitions) la musique des Doors vient principalement de Robbie Krieger et de Jim Morrison. L'intro de Light My Fire est la plus intime création de Manzarek sur le premier album tiré d'un morceau inachevé de Krieger. Le premier album est lancé en janvier 1967 et est un très gros succès. La compagnie demande rapidement un second effort et il arrive tout juste 8 mois plus tard. Bien qu'il s'agisse du meilleur album du groupe, les ventes sont très faibles. Sur les deux albums, en absence de bassiste régulier, Manzarek joue le piano et l'orgue mais aussi la base sur un piano Fender Rhodes. Avant Noël cette année-là, Manzarek épouse Fujikawa avec laquelle il passera le reste de sa vie amoureuse.

En juillet 1968, est lancé le troisième album des Doors qui sera # 1 en Angleterre et hyper populaire parmi les soldats des États-Unis au Vietnam. Surtout le morceau dont le refrain est copié sur celui d'un hit des Kinks. Un an plus tard le band lance un album qui sera leur quatrième, quatrième à aussi atteindre les top ten des meilleures ventes. Morrison est de plus en plus alcoolique et c'est Krieger qui devient le créateur musical principal. Manzarek, le plus âgé du band et co-fondateur du band, reste techniquement l'un des deux leaders principal (avec Morrison) en tournée et ailleurs qu'en studio.
En février 1970, Morrison Hôtel est lancé, un retour à un style plus blues. Deux bassistes, Lonnie Mack et Ray Neapolitan se partagent la tâche. D'un album à l'autre, Manzarek est le membre du groupe qui joue le plus d'instruments, ici il jouera du piano, de l'orgue Gibson , de l'orgue Vox Continental, du piano à pédale, du piano électrique Wurlitzer, de la basse sur piano Fender Rhodes, et de l'orgue Hammond C-3. L'album est un autre top ten.

En avril 1971 est lancé L.A. Woman, leur plus gros vendeur, ventes entre autre moussées par le décès prématuré du chanteur du groupe. Manzarek jouera de la guitare sur un des morceaux.

En octobre le groupe lance un autre album avec Krieger et Manzarek aux voix. Un morceau écrit de Manzarek seul ouvre l'album qui fait de modestes ventes en tant que trio.

En août 1972, un huitième album des Doors est lancé, et Joe Dassin empruntera un titre de Manzarek qu'il adaptera en français et lui assurera quelques royautés.

En 1973 et 1974 Manzarek se produit en solo. Il fonde un autre band en 1977 avec lequel il lance deux albums. Avec Philip Glass il enregistre une adaptation rock d'un classique baroque en 1983.

Il enregistre encore un peu, collabore ici et là, se brouille avec Oliver Stone qui tourne une vision complètement érronée de Jim Morrison à ses yeux, écrit ses mémoires, quelques romans, et reforme un duo avec Krieger entre 2002 et 2013. Principalement pour y jouer du vieux matériel des Doors. Densmore refuse d'y participer sans Jim Morisson.

Manzarek meurt en Allemagne hier à l'âge de 74 ans, victime du cancer.

Densmore dira de lui qu'il n'existait aucun claviériste sur terre plus adéquat pour faire écho à Jim Morisson, qu'il se sentait parfaitement en synchronisme musical avec lui, que Manzarek et lui formaient une force en mesure de tenir à bout de bras Krieger et Morrison au sommet du groupe.

Que son frère musical lui manquera.
Ray est parti rejoindre un autre frère qui l'attendait là-haut depuis 1971.
C'est l'un des touts premiers organ hero qui nous quitte.