mardi 26 mars 2013

Peaux

C'est une chanson du dernier Bowie qui m'avait mis dans cet état.

J'étais furieusement empreint de bonheur. A kickass day!

Je roulais en direction de Freecloud où je devais rencontrer docteur Liza Jane Farthingale pour un potentiel problème d'apnée du sommeil.

Freecloud est à 35 minutes de chez moi et comme je devais me faire faire une carte de l'hôpital de l'endroit j'étais parti une bonne heure avant. Le printemps avait été trop doux dans les jours d'avant et comme je suis souvent plus concentré sur la fille de la météo que sur le contenu de ce qu'elle dit je n'avais pas pris note qu'au troisième jour de beau temps allait succéder un jour de grand froid.

J'étais dans ce jour-là, tout juste vêtu d'un manteau de cuir qui ne s'attache plus et je ne portais qu'un mince t-shirt en dessous. Il ventait à faire friser le poil des vaches et j'ai goûté à l'aube d'un ouragan plein mon cou.

Digression sur le cuir: je n'aime pas le cuir. Premièrement c'est animal et si je veux faire 0,001% d'effort pour sauver les bêtes, je peux facilement me passer de cuir dans ma vie. De plus je trouve le port du cuir au masculin particulièrement gay. Quand je travaillais dans le Village, il était partout le cuir parmi les employés. C'était souvent la manière de faire comprendre aux autres qu'on était de la famille. Ce manteau, c'est l'amoureuse qui me l'a acheté. Elle m'aime souvent aux mêmes endroits où je ne m'aime pas du tout. En cuir, j'ai l'air d'un homosexuel qui se la joue virile. J'en avais eu encore pour preuve ce jour-là le commis gay de l'épicerie qui s'était mis à me parler au "tu" comme si nous nous connaissions depuis toujours. Oui je vais toujours à cette épicerie mais le ipod que j'ai dans les oreilles est un mur entre toi et moi. Je n'ai aucune relation avec quiconque dans cette épicerie. Je flambe du pécule c'est tout. Et là ce guignol voulait étendre la relation client/employé à plus personnel, en voulant créer un rapprochement. Il posait même des questions personnelles. Il avait bien le droit, mais à l'épicerie, je suis sauvage. J'ai souri poliment en complétant mes transactions. J'ai bien vu que l'effet cuir, couplé de la barbe d'une semaine donnait aux gars comme aux filles des envies de flirts quand Amélie, toujours de l'épicerie, qui ne m'a jamais vraiment regardé auparavant a ralenti la mastiquation de sa gomme pour mieux jauger mon passage de face comme de dos. Ça a flatté ma vanité et m'a peut-être aidé dans ma bonne humeur mais ça m'a aussi un peut desespéré sur la nature humaine.

'sti que vous êtes kétaine avec votre cuir! Je connais deux boomers, un homme et une femme, qui portent quelque fois un pantalon de cuir et je me réveille parfois la nuit avec des nausées cauchemardesque sur la chose. Get a bike! Mais ce jour-là, je voulais ravir l'oeil de la belle avant qu'elle ne quitte pour le travail et finalement j'ai séduit plus que je ne l'aurais jamais cru.

Mon rendez-vous était à 12h50 et j'étais sur place à l'hôpital de Freecloud, ipod en tête et nez dans un livre 50 minutes trop tôt. Ce qui n'est jamais un problème pour moi autant que le contraire. Ça allait être une première rencontre avec la docteure Farthingale. Quand une jeune femme de mon âge est passé tout près, elle m'a agréablement souri puis, a appelé mon nom pour que j'entre dans son bureau. 30 minutes avant l'heure du rendez-vous. Liza Jane est une femme radieuse.

"Jones?.... c'est d'ici?" m'a-t-elle demandé.
"er...je suis né ici mais si on remonte un peu, on se rend à Grosse Isle pour l'origine et c'est irlandais"
Elle s'est allumée quelques secondes mais aussitôt repris contenance comme si quelqu'un lui avait rappelé qu'elle ne devait pas baisser sa garde.
"Farthingale aussi ça vient d'Irlande, Kilkenny en banlieue... mon grand-père..." et elle s'est arrêtée là, en revélant déjà trop, ce qui lui colorait les joues d'un charmant rose. On est passé aux questions d'usage sur l'apnée du sommeil et je ne sais trop comment, mais je l'ai fait rire plusieurs fois. La courte rencontre était excessivement agréable pour tous les deux.

"Voilà, ce n'est pas plus long que ça!" m'a-t-elle dit à la fin. Si au début, elle avait la paupière lourde et le regard fuyant sur ses dossiers, à la fin elle me regardait franchement au fond de ma brune pupille de ses deux soleils pétillants.

Depuis quand un passage à l'hôpital est-il si agréable?

Le 19 juin je dors à Freecloud avec des électrodes plein la tête. Sous observation. Par Liza Jane. Avec deux soleils de nuit sur ma personne.


"...fini la torture" a-t-elle dit avant que je n'ai franchi la porte, presque comme quelqu'un qui voulait valider l'état de sa première "date".
Une ligne de Bowie m'est venue en tête mais j'ai dit à la place:
"Non, la torture je garde ça pour mes nuits" la faisant rire à nouveau.

La ligne de Bowie?
"...Hold my hand and I'll take you there..."

Et dans ma tête c'est elle qui portait le cuir...

Ce qui a confirmé que je suis tout aussi bête que vous l'êtes avec le cuir.
Et qu'il y a définitivement un effet érotique...

lundi 25 mars 2013

Usage Abusif des Pouvoirs Sociaux et Recel de ce Délit

C'est fou ce que cette accusation pourrait s'appliquer à à peu près tout le monde autour de Frank Zampino, incluant Zampino lui-même.

Mais c'est de l'Hexagone dont je veux vous parler.

En 1992, l'ancien pilote de course, chanteur, dirigeant d'un groupe d'entreprises (notamment sportives), dirigeant d'un club de football, animateur de télévision, écrivain, homme politique, acteur et actuel  homme d'affaires, gérant du Groupe Bernard Tapie, Bernard Tapie est ruiné.

Le Crédit lyonnais organise la vente à son profit du groupe et la mise en faillite de Bernard Tapie afin d'interdire tout recours à celui-ci. Outre les profits du Crédit lyonnais de planifier la ruine de Bernard Tapie s'ajoute la thèse d’une motivation politique émanant de la gauche, Bernard Tapie étant en mesure de générer plus de 12 % des voix aux élections européennes subséquentes de 1994 et présentant ainsi un véritable danger pour le Parti socialiste.

Les recours de Bernard Tapie ne donnent dans un premier temps aucun résultat. Tous ses biens sont saisis et il est mis en faillite personnelle, entraînant immédiatement son inéligibilité pour sept ans.


Alors que le Crédit lyonnais tente de récupérer tous les titres de Bernard Tapie Finance, dans le milieu parisien des affaires se répand l’information selon laquelle Robert Louis-Dreyfus, le nouveau propriétaire d’Adidas, aurait fait une superbe opération en rachetant Adidas avec l’aide du Crédit lyonnais. S’intéressant à la transaction, Bernard Tapie découvre que Robert Louis-Dreyfus a fait l’acquisition d’Adidas selon un montage tout à fait curieux de prêts à recours limités et à taux d’intérêt quasi nul : c’est le Crédit lyonnais qui finance l’acquisition en prêtant les sommes requises à Robert Louis-Dreyfus avec un taux d’intérêt symbolique, et qui assume le risque financier, Robert Louis-Dreyfus ayant la faculté de finaliser l’achat (lever l’option) auprès des fonds offshore à qui Adidas appartient désormais pour plus de quatre milliards de francs en cas de confirmation du redressement de l’affaire.


Bernard Tapie, dont l’expérience des affaires est longue, comprend immédiatement à la lecture de ce montage qu’il s’est fait berner : jamais le Crédit lyonnais n’assumerait seul un risque financier de deux milliards de francs, surtout pour ne gagner que des intérêts symboliques, s’il ne profitait pas de la revente elle-même : selon lui, le Crédit lyonnais a donc en réalité porté les titres Adidas à travers les structures offshore à qui la société appartient désormais, et c’est lui qui encaissera la plus-value réalisée entre les deux milliards de francs donnés à Bernard Tapie Finance et les quatre milliards de francs payés par Robert Louis-Dreyfus.

Tapie était l'homme à sacrifier.

Bernard Tapie engage donc des avocats pour porter l’affaire devant les tribunaux, mais comme l’avait prévu le Crédit lyonnais, il n’a plus de prise sur l’affaire : c’est le Crédit lyonnais qui a récupéré ses actions de Bernard Tapie Finance ; or, seule Bernard Tapie Finance ou ses actionnaires peut porter plainte.

En 2007, c'est la ministre de l'Economie et des Finances de l'époque, Christine Lagarde, qui décide de recourir à un tribunal arbitral pour régler le contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais. La décision est d'autant plus surprenante qu'elle est prise contre l'avis des services du ministère, et que l'État, en charge du passif du Crédit lyonnais via des entités publiques, avait gagné en 2006 devant la Cour de cassation, plus haute juridiction française, et se dirigeait donc vers une victoire définitive.

Le tribunal arbitral donnera raison à Bernard Tapie et Le Consortium de réalisation (CDR), une structure chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais, est condamné à verser 390 millions d'euros à Bernard Tapie : 45 millions de préjudice moral pour les époux Tapie – le plus important montant jamais accordé en France –, 240 de préjudice matériel pour les holdings de l'homme d'affaires, 92 millions d'intérêt de retard et 13 millions de frais de procédure.

Plusieurs y ont vu un retour d'ascenceur de la part de Nicolas Sarkozy par rapport au soutien de Bernard Tapie lors des Présidentielles 2007.

Dans une note datée de mai 2011, le procureur général de la Cour de cassation mettait en cause directement Christine Lagarde. Il lui reprochait notamment "la constance et l’intensité des interventions ministérielles pour conduire à la solution ayant finalement amené l'Etat à verser [à Bernard Tapie] une somme nettement supérieure à celle qui pouvait découler des sentences judiciaires qui venaient d'intervenir".

Il y a eu perquisition chez Christine Lagarde jeudi dernier. L'ancienne ministre et successeure du porc Dominique Strauss-Khan à la tête du FMI sera entendu prochainement par la Cour de justice de la République dans le cadre de l’instruction qui la vise de "complicité de faux" et "complicité de détournement de fonds publics".

A l'issue de l'audience, l'actuelle directrice générale du FMI pourrait être mise en examen.
C'est-à-dire être inculpée.
Son ami Sarko vient de l'être vendredi dernier dans un autre dossier.

dimanche 24 mars 2013

Graine de Fédéralisme Impraticable

Dans un esprit de continuité, Jim Flaherty, en présentant son budget jeudi, a poursuivi son climat d'affrontement avec l'est du Canada.

Avec une totale incompréhension de la réalité du Québec.

Les années 2012-2013-2014 marquent/marqueront au Québec le départ d'énormément de baby-boomers pour la retraite. Les fonds de solidarité des travailleurs sont de l'ordre de 800 milliards de dollars. Déjà en 2004 on annonçait que passé 2012, il y aurait beaucoup plus d'argent qui sortirait des fonds qu'il y en aurait qui serait investi. Simple question de démographie.

En s'attaquant au fond de solidarité de la FTQ, en abolissant le 15% de crédit d'impôt, les conservateurs torpillent l'idée même de vouloir y réinvestir un jour. Et les pauvres qui l'ont déjà fait, les plus jeunes surtout, sont menacés de ne jamais y toucher un jour. En tout cas pas avant une demie-éternité si les gens ne se précipitent plus pour y injecter de l'argent.

Le budget Flaherty est de toute évidence un budget électoraliste et clientéliste. Harper* a la chienne du nom Trudeau et on prépare déjà les prochaines élections voici quelques millions pour le secteur automobile de l'Ontario qui pourrait nous faire gagner. Québec? voteront jamais pour nous, why bother? Ils n'avaient qu'à voter pour nous. Ne nous leurrons pas, le poids du Québec au pays, surtout en raison de l'effacement du Bloc, est pratiquement inexistant en ce moment. Même chez les conservateurs eux-même, Christian Paradis? Maxime Bernier? Ce ne sont pas les lumières les plus brillantes de la guirlande canadienne...

Je ne suis pas prêt à parler "d'attaque frontale contre le Québec" comme l'a fait malhabilement Nicolas Marceau jeudi, mais le gouvernement Harper a définitivement une vision du travailleur toute soviétique.

Le budget promet à toutes les provinces 5000$ à condition que les employeurs mettent une somme équivalente sur les cours de formations spécialisées pour des jobs qui le sont tout autant. Cette juridiction provinciale, qui serait maintenant dictée par le Fédéral, se rapproche du communisme. Ce sont les provinces qui connaissent les besoins de leurs régions, pas le fonctionnaire de Flin-flon qui ne sait rien des besoins de St-Éloi, celui de Red Deer ne sait pas ce que Timmins aurait besoin pas plus que le gars d'Edmonton qui ne connait pas les urgences d'employabilité à Hansford.

Vous ne trouvez pas cette ingérence agaçante? Jim Flaherty a lui-même appelé deux banques avant de présenter son budget afin de leur exiger de baisser leur taux directeur.

Flaherty/les conservateurs gèrent la concurrence.

L'une des deux banques à coopéré, l'autre l'a légitimement snobbé.  La première banque a depuis rechangé son taux directeur pour le ramener là où il était avant le coup de fil du ministre des finances.

Zêtes pas agacé par cette main sur VOTRE volant? Ce cuisinier dans VOTRE frigo?

Venir dicter les manières de faire ainsi vient écraser les plate bandes provinciales. Les "cours" de formation sont-ils le premier pas vers une infiltration future et totale des ministères de l'éducation de chaque province?

Après l'envahissement honteux qui a fait des agents d'assurance-emploi des chasseurs de ripoux, les conservateurs deviennent le monstre qu'on a toujours craint.

Au niveau international, ce gouvernement a BEAUCOUP terni la réputation canadiennes et avec l'annonce du fusionnement entre l'ACDI et le ministère des affaires étrangères (conjoint avec l'Angleterre rappelons-le) ça n'augure pas nécessairement mieux...

Le budget de Flaherty est en gros un pari sur la reprise du marché financier mondial. Un pari loin d'être gagné. Surtout si il faut appeler le marché de temps à autre pour le redigirer à son gré.

Aux prochaines élections faudra pas voter pour le pouvoir, pas pour la banquette arrière.

Sinon faudra accepter d'avaler les croquettes de l'Ouest au simili-poulet comme le fût ce budget.

*...et l'Ouest du pays

samedi 23 mars 2013

Écraser Les Insectes

Avec Agnès Maltais qui pioche dans les programmes d'assurance-emploi, avec Breton qui a été taureau dans le palais de cristal du BAPE, avec les volte-face multiples, les pas devants qui sont devenus deux pas de côté, avant de faire un pas et demi arrière dans plusieurs ministères, avec un ministre des finances qui pense avoir été clair dans ses imprécisions et qui manque de souffle dans ses prédictions, avec une ministre des ressources naturelles qui peine à masquer son jupon de millitante, avec un Jean-françois Lisée qui aura beaucoup à faire pour se faire aimer des anglophones de Montréal*, avec Marie Malavoy, donc chaque présence au micro provoque un malaise; avec les garderies soudainemnent en grogne face au gouvernement minoritaire, bref, avec le facteur mécontentement dormant,  le même qui avait rejeté le gouvernement précédent, et avec le nouveau chef à tête de père noël chez les Libéraux, il y aurait matière pour que l'on retombe en élections avant la fin de l'année.

Chaque nouveau gouvernement, particulièrement quand il a passé près de 10 ans comme réserviste dans l'opposition, a droit à une certaine indulgence quand il embarque finalement dans le rôle de nouveau leader. On ne s'improvise pas toujours premier centre comme il se doit quand on a toujours joué entre la seconde et la troisième ligne. Mais le gouvernement minoritaire de Pauline Marois a encore moins d'espace de manoeuvre quand il rate son coup.

Et même quand il ne le rate pas.

Quand il y a eu cette bourde majeure à l'OQLF sur l'utilisation des mots Pasta dans les restaurants ou W.C. dans d'autres, il s'est trouvé une large part d'anglophones, et beaucoup d'autres aussi, pour faire des associations douteuses avec le PQ. Ça m'a inspiré une autre chronique il y a 2 jours.


Il était donc temps pour les bleus de faire un beau jeu, d'enligner une ou deux victoires, pour que soit un brin satisfait le 68% qui n'a PAS voté pour les leaders en place.

Quelle belle surprise donc, la semaine dernière, de voir le ministre de la sécurité publique Stéphane Bergeron assassiner la carrière d'une crapule par simple droiture.

Guy Hébert a déclaré sur la tribune d'une conférence de presse qu'il n'avait jamais demandé la tête du chef de police de Montréal. Un mensonge calculé sur le pari que Bergeron n'avouerait jamais qu'il avait reçu une telle demande. Un pari perdu car le même jour, même si le pas-propre maire de Montréal Micheal Applebaum n'avait pas le talent pour demander à Bergeron si tout ça était vrai, Bergeron lui-même confirmait que oui, Hébert avait voulu la tête de Parent, suggérant même un remplaçant.

Alors que 4 jours/semaine on nous défile des lâches à la commission Charbonneau qui baignent dans la boue de la corruption, voilà un jeune homme au pouvoir qui a choisit de dire non au tango des crottés.

Rafraîchissant.

Moins de 5 heures après son mensonge, Hébert démissionnait, scarabée écrasé sous la sandale de la vérité.

Puis, le lendemain, ou peu de temps après, Bernard Drainville, ministre responsable des institutions démocratiques, déposait un projet de loi visant à abolir les indemnités de départ d'un député qui choisirait de quitter son poste en cours de mandat, ne respectant ainsi pas le contrat moral avec ses électeurs.

Au Parti libéral, l'un des cas les plus célèbres reste celui de Monique Jérôme-Forget qui a touché une indemnité de 146 000 $ après avoir démissionné en mars 2009, quatre mois seulement après les élections générales. Mais le PQ n'est pas sans reproches non plus. Sa chef, la première ministre Pauline Marois, a déjà reçu une telle allocation de transition - environ 150 000 $ - en quittant son poste de députée de Taillon en mars 2006. Et lors du retour en politique de Mme Marois en 2007, le député Rosaire Bertrand en a touché une aussi après avoir démissionné pour céder son siège à la nouvelle chef. Deux femmes sont citées ici mais les hommes sont les pires à ce niveau. On dit hommeries et non femmeries.

À défaut d'une raison majeure, comme l'état de santé, un député quittant le navire avant la fin de son mandat sera privé de sa généreuse allocation de départ.

Ça aussi, ça fait du bien à entendre. C'est une victoire moins convaincante que celle de Bergeron mais s'en est une quand même si on accepte le projet de loi.

Une meilleure idée, encore plus démocratique, serait d'introduire une dose de proportionnelle dans notre système électoral britannique vétuste.

Mais le PQ, pas plus que le PLQ, n'en ont ni le courage ni l'honnêteté.

Et ce, même si on a d'ici un an ou deux un docteur aux commandes de notre province malade.

(Je suis négociable pour vous vendre ce slogan, M.Couillard...)

 *Et Louise Harel encore plus, elle qui aspire à une mairie impossible à Montréal pour une ancienne Péquiste (mot que les allophones lisent comme suit: séparatistes).

vendredi 22 mars 2013

L'Argent Sous Le Matelas

Chaque année sont célébrés les mystères de la déesse grecque de la germination de l'amour, des plaisirs et de la beauté sur l'île de Chypre.

Les célébrations comprennent une procession allant de Paphos à Golgoi. À cette fête, il faut rattacher un rite rapporté par l'apologiste chrétien Clément d'Alexandrie, selon lequel les participants reçoivent un gâteau en forme de phallus et apportent une pièce de monnaie, comme à une courtisane pour ses amants. Il est probable que Clément parle en fait de l'argent destiné aux sacrifices, ou la taxe pour les oracles, mais il est également possible que la prostitution sacrée ait également été pratiquée.

Donc déjà, l'idée de la taxe existait dans les légendes grecques. Une idée (la taxe) qui pourtant, jusqu'à tout récemment, ne touchait pratiquement personne de moindrement riche dans ce pays.

Par extension et déformation, le terme oracle mentionné plus haut désigne aussi le dieu consulté, l'intermédiaire humain qui transmet la réponse ou encore le lieu sacré où la réponse est donnée. On taxait pour ses consultations, un peu comme on taxerait un conseiller financier. Une idée qui elle, vient de faire son chemin.

À Chypre, depuis le vendredi 15 mars dernier, on projetait sur les dépots à la banque.

Sans même que j'ai eu besoin de lui expliquer, quand mon fils de 13 ans a entendu d'une oreille distraite la nouvelle, il a dit de son lit où il glandait sur son Xbox "Ben là! pourquoi les gens mettent leur argent à la banque d'abord? qu'ils le gardent chez eux!".

Et c'est tout à fait l'effet pervers qui guettait l'île de la mer méditerranéene. Tous ceux qui garderont leur argent chez eux...vous imaginez le taux de criminalité qui se pointe? Les gens ne voudront plus déclarer leur vrai gains non plus. Les Chyppriotes sortaient leur argent de la banque en masse. Si il était juste de faire appel aux détenteurs de grosses fortunes pour sauver les banques, surtout au paradis de la fiscalité et de l'argent noir qu'est Chypre, il y aurait pourtant eu de meilleurs moyens qu'une taxation de l'épargne, par exemple la conversion des emprunts détenus par les banques. Traiter les petits épargnants exactement comme les grands jongleurs de la finance, faut être franchement tordu.

La commande de cette nouvelle taxe vient des bureaux-chefs de l'euro qui siègent à Bruxelles. À Chypre, légitimement on a hurlé dans les rues devant ce dangereux précédent aux effets plus-que-pervers et les véritables profiteurs de la crise de l'euro ne passent pas enncore à la caisse durablement pour payer la facture.

La question chypriote a ébranlé Angela Merkel qui avait fait une grande promesse aux épargnants en leur disant que leurs économies étaient en sécurité et que l'État veillerait à ce qu'ils ne perdent pas un euro. Ça a été dit en 2009 par la chancelière allemande. Merkel est actuellement en campagne électorale en prévision des élections de septembre dans son pays. Vous croyez qu'elle n'était pas touchée en ce moment de voir ses garanties renversée à Chypre par Bruxelles? Vous croyez qu'ils ne lui ramène pas sa déclaration sur les nez les chypriotes? Et les petits épargnants allemands, ils ont surement eût un frisson, ou au moins une fragilité dans leur confiance à l'égard de l'euro. Et de la chancelière qui demande à être réélue.

Ce sont les détracteurs de l'euro qui doivent rire dans leur barbe en ce moment...

Il y a beaucoup d'action dans les rues de Chypre en ce moment.

Et ça n'a rien à voir avec les mystères de la déesse grecque de la germination de l'amour, des plaisirs et de la beauté.

Hier, le gouvernement chypriote a rejeté par le projet de taxe sur les dépôts bancaires. Chypre doit toutefois toujours trouver 5,8 milliards d'euros pour boucler le plan de sauvetage que lui propose la zone euro.

'sont pas sortis du bois...
Doivent maintenant choisir entre la peste ou le choléra.


jeudi 21 mars 2013

101

Avant juillet 1974, au Québec, on pouvait travailler ou en anglais ou en français, c'était selon, au choix, puisque le Québec avait le statut de province bilingue.

Toutefois, on a vit réalisé que l'apprentissage du français était ardu pour les étrangers et que le glissement vers l'anglais devenait inévitable. On s'est inquiété davantage quand on a réalisé que les inscriptions dans les institutions scolaires anglophones étaient en hausse. Le gouvernement de Robert Bourassa a donc instauré la loi 22, sur la langue officielle.

Cette loi faisait du français au Québec la langue officielle des communications dans les domaines de la justice, de l'administration publique, des entreprises, du travail et de l'enseignement.

La loi mettait aussi sur pied des Commissions de terminologie, chargées d'assister le gouvernement et les entreprises dans leurs efforts de francisation secteur par secteur, ainsi qu'une Régie de la langue française qui, en plus de posséder un mandat de recherche et d'enquête, conseillait le gouvernement et administrait le programme de certification à la francisation.

Tout le monde au Québec devait maintenant légalement se faire offrir des services en français partout chez nous.

Trois ans plus tard, le Parti Québécois est maintenant au pouvoir sous René Lévesque qui est né et a grandi à New Carlisle en Gaspésie, au coeur d'une communauté franco/anglo. Qui connait donc excessivement bien l'équilibre et son contraire entre ceux qui parlent la langue de Molière au quotidien et ceux qui s'inspirent de Shakespeare. Son ministre du développement culturel, le brillant docteur Camille Laurin fait donc abroger la loi 22 et propose la loi 101. Dans le but clair de faire du français, la langue des affaires au Québec.

La Charte déclare que l'Assemblée nationale soit résolue à faire du français la langue de l'État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l'enseignement, des communications, du commerce et des affaires tout comme la loi 22 le proposait déjà.
L'Assemblée nationale entend poursuivre cet objectif dans un esprit de justice et d'ouverture, dans le respect des institutions de la communauté québécoise d'expression anglaise et celui des minorités ethniques, dont elle reconnaît l'apport précieux au développement du Québec. Finalement, l'Assemblée nationale reconnaît aux Amérindiens, aux Inuit du Québec et aux descendants des premiers habitants du pays, le droit qu'ils ont de maintenir et de développer leur langue et culture d'origine.

Dans cette première version, on souhaitait que l'affichage commercial soit uninlingue français ce que les cours légales canadiennes ont refusé validant que si le français restait prédominant, Canadian Tire pouvait rester Canadian Tire et ainsi de suite. Sur le terrain ceci veut dire que le texte en français doit être sensiblement plus grand que le texte dans une autre langue.

La loi 101 garantit aussi que les textes de lois soient publiées en version anglaise en plus de la version française, les deux textes étant reconnus officiels. Le procès de Richard Bain en ce moment en fait encore foi. La loi 101 prévoit aussi que les personnes puissent s'adresser aux tribunaux en anglais, si ils le souhaitent et que les jugements rendus par les tribunaux soient disponibles dans la langue officielle ou en anglais sur demande d'une des parties. La Charte de la langue française ne s'applique pas aux réserves indiennes.

C'est une excellente loi saluée peu importe les partis. Au local comme à l'international. Les Français, champion de la dérive vers l'anglais, nous reconnaissent une certaine admiration dans la vigilance que nous accordons autour de notre langue.

Le PQ, cette année a ramené une variation de l'idée de l'affichage commercial francophone en proposant qu'on rajoute du français à certaines bannières principalement anglophones. Second Cup est déjà devenu Les Cafés Second Cup, Dunkin Donuts, deviendrait Les Aliments Dunkin Donuts et ainsi de suite. Sage et légitime de la part de 6 millions de franco nageant au milieu de millions d'anglophones. Mais il s'est encore trouvé quelques ânes pour claironner que le PQ faisait preuve d'orthodoxie.

Là où effectivement, le PQ se trompe dans son projet de loi 14, est dans l'idée de vouloir refuser aux enfants de soldats le droit d'inscription à une école anglophone. Ça démontre une méconnaissance de la vie de ses gens dont les familles sont appelées à déménager régulièrement et à n'importe quel moment, n'importe où dans le monde.

Mais sur l'affichage commercial, quoi de plus normal?  Dans le Rest of Canada, et ici aussi, le Quebec-bashing est à on (L'OQLF ne comprendra pas cette expression...). Relisez ma dernière phrase, Rest of CanadaQuébec-Bashing, on, 35% de mots anglos dans une phrase de 14 mots quand même...

J'ai travaillé dans des grosses compagnies internationales à Ville St-Laurent, pas plus tard qu'il y a 3 ans, et croyez-moi, nous sommes encore avant juillet 1974 au boulot au Québec.
Je ne parlais jamais français.

Et le PQ serait démesuré de demander une réforme de la loi 101?
Pas sur l'affichage commercial en tout cas.
Que tous ces anglos qui ont profité des éxagérations de l'OQLF dans le pastagate en profitent pour viser le PQ me donne une certaine nausée.

En Colombie-Britannique, en ce moment même, une demande de réglementation sur l'affichage unilingue dans le quartier chinois a été faite. Certains commerces n'affichent qu'en chinois (ou en dialecte asiatique).

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