mardi 24 janvier 2012

L'Écho de St-Profond-De-L'Intestin-Grêle

Journée de totale folie.

Mais j'ai quand même légèrement provoqué les choses.

Les matins de janvier sont pas mal identiques aux matins de septembre.

Après mon jogging et mes 100 redressements assis inspiré par la belle Britta (que je crois avoir aperçu récemment, non identifiée, dans une publicité de la société protectrice des animaux en train de jouer avec son chien) Monkee qui  réapparait car il a raté son autobus. Je dois donc aller le reconduire, me plaçant du même coup dans un trafic éhonté d'une demie-heure pour une randonnée qui aurait dû me prendre 5 minutes, aller-retour. De plus, j'ai accepté un contrat de traduction il y a 20 heures pour livraison le lendemain, 16h. Kammy-Kaz Jonz. J'ai 5 heures de trad. à faire plus une heure de révision. 300$ à me mettre en poche rapidement mais il faut aussi que je cours deux meubles à deux endroits différents parce que madame est dans un cycle Canal Vie. En effet, l'amoureuse s'est mise en tête que le sous-sol devait être réaménagé, elle a donc sacrifié une bibliothèque, un meuble de rangement, le meuble de la télé, la massive et lourde télé, trois tables de différents formats pour les remplacer par de nouveaux. Elle a fait réserver deux de ses meubles de remplacement et "C'est seulement jusqu'à aujourd'hui qu'ils vont les garder pour nous!".

Seulement aujourd'hui? You got the money mais tu ne sais pas négocier, bébé.

J'ai donc couru à Terrebonne puis à Mascouche pour faire rentrer ses folies dans ma petite voiture. J'ai aussi dû passer par la bibliothèque qui m'avait gardé trois films pour meubler mes insomnies.

C'est vers 15h00 que notre chatte chérie a choisi de tomber sévèrement malade j'ai donc dû me battre avec le félin et briser ce lien de confiance que j'ai mis 14 ans à bâtir avec elle en la transportant de force chez le vet où elle devra y passer la nuit. Problème de vessie.

J'aurai réussi à tout faire, et bien le faire pour 15h58. J'ai alors couru chercher Punkee à l'école, l'ai assisté dans ses devoirs de 16h16 à 16h47, ai préparé le souper dans le processus tout en répondant au téléphone trois fois dont deux fois pour dire à l'amoureuse inquiète qu'il n'y a pas de nouveau dans le dossier de la chatte. Ai fait manger les deux kids, ai vite préparé mon sac d'école, parce que pour moi aussi c'est la rentrée et ai sauté dans ma voiture à 17h00 pour quitter pour mon cours à 19h00 downtown.

La langue à terre.

J'étais tout de même fier. Pas d'avoir encore oublié de souper moi-même mais d'avoir été si efficace en une seule journée 100% folle.

Mon cours du mardi est totalement ordurier. Un cours "obligatoire" sur la traduction juridique. C'est bête le second certificat comporte des cours "obligatoires" dirigés comme Traduction scientifique et informatique, Traduction Économique et Commerciale et le cours déjà mentionné auquel se rajoute le mot "administratif" aussi. C'est là que seraient les besoins selon les enseignants. Pas surprenant. Quel ennui! C'est comme si on obligeait les ingénieurs à se spécialiser dans la conception des Honda Civics parce que le besoin est criant dans le secteur de l'automobile. Si vous préférez autre chose, vous faites quoi? Où sont les cours de traduction de Hunter S. Thompson, Philip Roth ou Paul Auster? Quand m'appelleront-ils ceux-là?* Auster pourrait même diriger ma traduction, lui qui parle un français impeccable. Je mangerais dans sa main, je traduirais son carnet d'adresses. Mais les valeurs immobilières? K-Liss...

J'étais toutefois de bonne humeur en direction de mon cours avant de découvrir la merde qui s'y trouvait.

Je marchais d'un pas vif. Je venais d'acheter un Don DeLillo que j'avais glissé entre un livre poche sur l'économie et un autre pire sur le code civil. Ipod en tête je jubilais secrètement, barbe naissante au vent.

Une chanson kickass.
Une autre plus teintée de ma personne.
Une nostalgique.
Une autre plus près du spleen (lalala lala lala)
spleen (Laaaaaaaaa lalalalalalalaaaaaaaaaa lalala...)

Je devais faire des "lalas" à voix haute quand j'ai acheté sur le pouce un sandwich, une liqueur diète et une barre de calories vides. Mon ventre ajoutait un sombre bruit sourd, un tonnerre qui rappelait un roulement de tambour, dans l'harmonie de ma marche jusqu'au cours.

Dès la quatrième minute, avant même que le prof ne commence à faire son fier fendant, j'avais déjà tout avalé tel un ogre. Il y avait quelques visages connus. Des beaux culs encore. Toujours 88% de filles, plusieurs forcément plutôt jolies.
Je n'ai jamais rien vu venir. Comme une gratte qui serait passée dans la rue sur de l'asphalte jusque devant votre fenêtre, le son est monté progressivement et un retentissant rot est sorti de ma bouche contre mon gré.

Un profond et guttural coup de clairon dont l'écho a rebondi sur le tableau devant la classe pour mieux redistribuer sa tonitruance au travers de l'assemblée trop ébranlée (dégoûtée?), pour en rire. Moi-même je ne savais trop quoi penser. Aurais-je préféré que cette digestion hâtive ne sorte par l'autre côté m'attribuant du coup une odeur putréfactoire pour toute la session? Non. Je préférais être associé à un son.

Pour tous j'étais officiellement un paquebot. (renversé/renversant)

Nous étions là à tous nous regarder comme si on venait d'annoncer la mort d'un président en fonction. Ahuris, tous ensemble. Cherchant du regard un parachute dans un avion en chute libre sans pilote .
Je ne me suis même pas excusé et j'ai échappé un terriblement mononcle "ah ben kin..." avant de plonger ma tête dans mes affaires, tête dont le visage épousait maintenant la couleur de la pomme.

C'était quoi la date limite pour annuler ce cours?
Le 19? AAAAAAAArgh il est déjà trop tard.
'M'en fous, j'ai vu le trou dans la lune.

Si certaines de ses filles me trouvaient aussi agréable que je les trouvais agréable, mon chien était mort.
Même si c'était mon chat qui valsait avec la faucheuse.

*Je sais, je sais Thompson est mort depuis longtemps...

...et la chatte s'en est tirée 263$ plus tard FYI.

lundi 23 janvier 2012

Half Blood Blues

Et au printemps, comme la pluie, arriva la guerre...

Dans les années 20, l'Europe était un beau havre pour les noirs qui espéraient vivre avec décence.

En Allemagne qui allait devenir Nazie, le traitement des noirs dépendait de la caste duquel ses noirs étaient issus. Il y avait les enfants des diplomates africains qui étaient arrivés durant la période coloniale. Il y avait aussi les artistes afro-américains, la chanteuse d'opéra Marian Anderson, Josephine Baker, Arthur Briggs, Bill Coleman et quelques autres qui fuyaient du même coup le racisme du Sud des États-Unis. Les lois Jim Crow y faisaient rage en interdisant aux gens de couleur d'avoir une participation active dans la société. Ces lois instaurées dans les années 1800 dureront jusque dans les années 50 aux États-Unis.

Dans les années 20, l'Europe était encore un endroit où les artistes noirs pouvaient s'y produire et y gagner dignemnent leur vie. Particulièrement en Allemagne où les frontières étaient ouvertes aux étrangers depuis le traité de Versailles. De plus, depuis la défaite allemande de la Première Grande Guerre, toute une panoplie de nouveaux artistes émergeait dans la culture allemande. Le monde du jazz a, entre autre chose, pris beaucoup d'ampleur à cette époque.

Les enfants de femmes allemandes et d'hommes noirs étaient toutefois considérés commes des insultes à l'Allemagne d'Adolf et ses amis. Des croisements impurs. Des taches culturelles. Des indésirables.

Half Blood-Blues c'est l'histoire d'un sextet de jazz et d'une gérante/admiratrice en 1939, entre Berlin et Paris, au coeur même de ce qui allait devenir la deuxième Grande Guerre.  Une histoire de musique et d'envie. Une histoire de jalousie telle que narrée au travers de la voix du bassiste à qui les honneurs de la vie n'ont pas toujour souri. C'est l'histoire de musiciens très différents les uns des autres, des noirs, des blancs, des juifs, des allemands, 6 hommes, 1 femme. Un band qui jouera avec Louis Armstrong. Puis avec Bill Coleman. Chaque fois émerveillé. Notre narrateur, humilié par Satchmo. Une histoire qui atteint le nirvana le 13 juin 1939 alors que le groupe joue en totale harmonie alors que les bombes menancent Paris. La musique comme refuge de guerre. C'est une histoire de guerres multiples.
Elle navigue entre 1992 à 1939. Baltimore et Berlin. La Pologne un peu aussi et Paris. Avec les survivants et les fantômes du passé. La culpabilité, dans une ville (Berlin) qui ne la connaîtra que trop bien, est un thème important de ce livre. Le deuxìème roman d'Esi Edugyan. Si joliment écrit que depuis sa sortie, récolte les mises en nominations pour toute sorte de prix.

Esi Edugyan, visiblement renseignée, nous écrit une histoire sur rythme musical. Ses dialogues sont tout à fait propre à la langue parlée des noirs. Je ne suis pas noir mais je les entends. Les dialogues entre le bassiste, son batteur et le trompettiste à moitié allemand ne sonnent pas faux. Tout comme leur musique que l'on entend pratiquement aussi. Il s'agit d'un livre musical. Jazzé. L'auteure s'est documenté dans 4 livres d'une grande importance dans l'histoire des noirs et qui donnent une pertinence certaine à l'ensemble. Comme une ligne de base dans un groupe de jazz.

Ceci étant dit pas besoin d'être un fin connaisseur de jazz pour apprécier ce livre. Ces témoins d'un moment tragique de l'histoire de l'Homme nous offrent de grands moments de confrérie dans la misère. Et de trahison aussi.

Je vous suggère la lecture de ce livre en anglais pour la musicalité qui ne pourrait pas offrir le même effet en français.

En tant que traducteur je refuserais de traduire un livre comme celui-là.
La langue originale étant trop pure, j'aurais l'impression de faire une mauvaise publicité d'informercial avec la voix de Serge Bélair.

Half-Blood Blues, un original portait de gens apatrides, unis par le son, dans les coins noirs de l'histoire de l'Homme. La véritable beauté de ce livre se trouve dans le côté bâtard de ses héros atypiques, qui ont fait durer la musique d'une langue, encore aujourd'hui bien vivante.

Falk(le trompettiste) "There's all sorts of way to live, Chip. Some of them you give a lot. Some of them you take a lot. Art, jazz. it was kind of taking. You take from the audience, you take from yourself."

Chip (le batteur) "But what it gives, it gives in spades"

Sid (le bassiste) "What do it give, Chip? You a great artist, but you a miserable man"

once again, à lire idéalement en anglais.

dimanche 22 janvier 2012

Le Lapin de la Lucarne

Je suis nu comme un ver.

Ça semble m'arriver souvent.

Je suis dans la chambre des maîtres à l'étage.
Et je remarque les desesperate housewives italiennes avec leur caméra et leur cinécaméra de l'autre côté de la rue.

Revenons en arrière.

*************
Août 2010.

La belle, dans un premier grand élan de folie du design choisit de faire changer la porte de l'entrée. C'est vrai qu'on sent quelques fois l'air passer au travers des vis qui tiennent la vitre de la porte. Rien de grave, mais maintenant, de l'intérieur autant que de l'extérieur, le cadrage lui-même est en train de lentement se décomposer. Pas qu'il tombe en lambeaux mais si on tire dessus, on peut faire comme on ferait avec des bretelles sur sa poitrine.

Donc rendez-vous pris avec une bande de minables pour une couple de 1000 piasses avec un premier versement de 800$ dès septembre. Promesses de livraison/installation au plus tard à la mi-décembre...

HA!

19 décembre: appel de Hunter Jones à la dite compagnie d'abrutis pour leur demander, maintenant que nous sommes officiellement passé la mi-décembre et que le froid entre amplement dans la maison comme si il n'y avait pas de porte, "Quand passerez-vous?". Le proprio de la compagnie de me jaser des retards qu'ils ont pris et gnagnagna...Le traducteur en moi comprends "On gère très mal, la vie est difficile, on en a plein le cul".

"Je pourrai même pas cette semaine!" conclut-il.
"Oui mais nous on gèle dans la maison pendant ce temps-là, et on surchauffe!"
"Pas tant que ça" me dit-il effrontément.
Je ne peux que rire de son affirmation. Qu'en sait-il? Il me propose de passer "exceptionnellement" entre Noël et le jour de l'an. Nous n'y serons pas, est-ce possible de venir le faire quand même? non, si il n'y a personne pour payer, les gars ne se présentent pas. Suivant ce raisonnement de bottine je pourrais lui dire que si les gars viennent pas installer je ne paie pas non plus, please gimme my 800$ back, mais bon, je me garde une petite gêne.

Le moron poursuit:
"Nous sommes en vacances jusqu'au 16 janvier fa'que on comptera pas le 16 janvier le temps de r'venir dans nos affaires..."
Ses gens sont d'une efficacité ministérielle.
"je vous mets en priorité le 17 au matin ça vous va?"

Ça fait chier.
En fait, même pas.

Car la salle de bain de l'entrée est condamnée puisque son bol est glacé. Les petites vis qui tiennent mal le cadrage de la porte d'entrée sont aussi blanches de glace et de neige de l'intérieur tellement le froid y passe. En fait c'est un peu comme si il n'y avait pas de porte du tout. L'air y circule énormément. Une seconde porte qui démarque le salon et l'entrée est maintenant en permanence fermée.
Le 17 janvier, ils doivent donc venir mais cette belle compagnie de champions me soulignent que c'est moi qui doit les rappeller le lundi 16 pour confirmer.
Vous ne serez pas dégrisés bande de pochtrons?

Donc le 16 je rappelle mais entretemps, puisque pour eux c'est la fête mais pour nous le train est en marche depuis le 6 ou le 7 et il file à vive allure, depuis donc, un important rendez-vous s'est placé le mardi matin à 8h30. En les appelant je demande si c'est grave que je m'absente une heure ou deux. L'idiot au bout de la ligne reprend ses effronteries.
"Ben là on peut pas jouer à 'cachette...faut qu'i' ait que'qu'un les gars peuvent pas..."

CALISSE FAUT TU QUE JE LEUR PRENNES LA MAIN?!

Mais je ne fais que penser ceci, reste zen, la petite neige est si belle dehors. Je leur affirme que je reporterai ce rendez-vous impossible à reporter (Maria n'est disponible pour la baise que les mardis matin) et que je serai sur place sans faute. Ils doivent m'appeller en premier entre 8 et 10 AM.

Dans ma routine du matin vers 8h25 je commence à respirer. C'est aussi l'heure où je vais faire mon jogging et mes 100 redressements assis au sous-sol. Une fois ceci terminé je lance tout mon linge dans la salle de lavage (au sous-sol) et monte, nu, vers la douche. Nécéssitant un passage devant la porte d'entrée vitrée. Mais là, comme j'attends de la visite, je n'ose pas commencer mes exercices. Même habillé, tout suitant, la situation serait plus ou moins agréable si ils arrivaient au beau milieu de ma demie-heure ou des mes redressements assis. Je ne leur fait plus confiance, je suis assuré qu'il se pointeront sans jamais s'annoncer. Le gambler en moi flirte avec l'idée de tenter de coincer un 45 minutes d'exercices suivi d'un 15 minutes de douche quand même.
Je tergiverse dans l'indécision une bonne dizaine de minute avant de finalement choisir que, non, je ne prendrai pas cette chance, mais je vais quand même prendre ma douche, ce miroir est trop infect pour mon oeil torve. Je me déshabille.

9h55 toujours pas de nouvelles. J'aurais eu le temps de me rendre à mon rendez-vous et d'en revenir. De faire mon jogging et de prendre ma douche aussi.
Je suis nu, dans la chambre des maîtres. Je m'apprête à aller prendre ma douche. Je regarde quand même par la fenêtre qui donne sur l'entrée : un gros camion DANS mon entrée. Deux gars en haut des marches, devant la porte à remplacer, qui sonnent chez moi.

Étrangement je n'ai AUCUNE réaction.

Ils sonnent à nouveau. Cette fois j'ouvre la fenêtre et grimpe comme un singe dans son cadrage.
Nu toujours.

Il neige dehors. C'est féérique. On annonce toutefois de la pluie aussi aujourd'hui. Wach!

Les deux gars ne savent pas trop quoi faire à la porte. Peu débrouillards, ils se regardent. Les deux ont un téléphone et personne ne songe, une seule seconde à m'appeller, pas plus qu'à lever la tête d'ailleurs. Au contraire, ils appellent leur boss, désemparés, pour savoir ce qu'ils font. Celui-ci leur conseille de rebrousser chemin. Je les aide un peu en pissant de la fenêtre directement sur leur tête.

"Fuck i' commence à pleuvoir en plus, boss, on revient d'abord!" dit l'un d'eux au téléphone.
Ni l'un ni l'autre ne lève la tête et tous les deux déduisent que c'est de la pluie qui leur tombe sur le dos et les épaules.
"C'est ben de la pluie salée ça christ!" dira l'un d'eux avant de quitter dans son camion. Double Wach.

Inspiré je tente d'écrire en jaune dans la neige sur mon terrain "minables" mais ne réussi qu'à écrire "mina...".
Qui est aussi le nom de la voisine d'en face qui prend ceci pour une invitation et viendra honorer la matinée à sa façon même si on est pas jeudi (son jour à elle-je vais semer la pagaille dans les desesperates housewives de ma rue...).

Ils repasseront ces eunnuques.
Aujourd'hui c'est moi qui en avait plein le cul.
...Et Mina...

samedi 21 janvier 2012

Otto Dix

Né à Umtermhuas près de Gera en décembre 1891, Otto Dix reçoit une éducation artistique dès son jeune âge de par sa mère qui s'intéresse à la peinture et à la musique.

Dix suit des cours de dessins et de peinture et on ne croit pas beaucoup en son talent.

Il entre à L'École des Arts Appliqués de Dresden où il étudiera de l'âge de 18 à 23 ans. Il tâte du cubisme, du futurisme et plus tard, pratiquera le dadaïsme.

La Première Grande Guerre éclate et il se porte volontaire dans l'armée allemande. Il prend part à la Bataille de la Somme en France,  se bat contre les Russes en 1917 et termine la guerre en Flandres. Il se mérite la croix de fer pour ses exploits de guerre. Il prend alors des cours de pilotage mais est bléssé au cou et est ensuite acquitté de son devoir de soldat.

Fortement marqué par l'horreur de la guerre, il retourne à la peinture et traverse une phase expressioniste. Influencé par le dadaïsme, il inclus maintenant des collages dans ses toiles. Il les expose dans la première exposition dadaïste de Berlin en 1920. La même année il participe aussi à une exposition d'expressionistes allemands à Darmstadt.

En 1923, Dix expose sa série de toile Les Tranchées, toile qui cause un tel émoi que le musée Wallraf-Richartz la cache derrière un rideau. Le maire de Cologne qui en avait commandé une copie de l'artiste, annule sa commande aussitôt et force le directeur du musée à quitter ses fonctions. Dix est désormais une star.

Dix expose dans le cadre du Neue Sachlichkeit à Mannheim en compagnie de George Grosz, Max Beckmann, Heinrich Maria Davrinhausen, Karl Hubbuch, Rudolf Schlichter et George Scholz. Ses amis et lui offrent de oeuvres très critiques de l'Allemagne de 1925 qui présente principalement du travail inspiré des meurtres, des rituels sexuels sadiques, de la prostitution, de la violence, du vieillissement et de la mort sous toute ses formes. Il se réclame de la Nouvelle Objectivité écorchant librement l'Allemagne de son époque.
Il peint alors sa plus célèbre peinture, certes sa plus connue, l'un de ses multiples portraits de la danseuse Anita Berber. Il peint aussi la journaliste Sylvia Von Harden puis le triptyque Metropolis qui met en parrallèle la bourgeoisie allemande et la misère de la rue. Ses portraits de gens désarticulés, défigurés et quelques fois sans jambes, sont monnaie courante dans les rues allemandes des années 20. Les toiles de Dix montrent les dégâts de la guerre, et les spectres de l'après-guerre. Un concept aussi exploré par l'auteur Erich Maria Remarque dans All Quiet on The Western Front.

Pas du tout sympathique à la cause Nazi, Hitler le lui rend bien. Il est classé comme un artiste "dégénéré" et, alors qu'il est enseignant en art à l'académie de Dredsen, il est limogé. On le force, comme tous les artistes à devenir un membre du parti Nazi mais il fuit au Lac Constance pour ne pas prendre part aux rassemblements nazis. L'Allemagne brûle une grande partie de ses oeuvres en guise de représailles.
En 1938, Georg Elser échoue dans sa tentative de faire assassiner Hitler. On arrête systématiquement Otto Dix mais on le relâche quand on découvre la culpabilité de Elser.

Âgé maintenant de 47 ans, on force Dix à joindre les rangs des Volkssturm, nom donné à la milice populaire allemande composée de soldats plus âgés ou peu formés issus de la classe popualire et qui devait épauler la Wehrmacht dans la défense du territoire du Reich à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la manière de la Home Guard britannique de 1940.

Dix est fait prisonnier en France et sera relâché après la guerre en 1946.

Réinstallé à Dresden, il continue de peindre, des allégories religieuses cette fois, et toujours des portraits de la souffrance issue de la guerre. La négligence de l'après-guerre est aussi une partie extrèmement importante de ses oeuvres.

À la fin de la guerre et jusqu'à sa mort, Dix s'éloigne des nouveaux courants artistiques allemands. Il ne s'identifie ni au réalisme social en vogue dans la République démocratique allemande, ni à l'art d'après-guerre dans la République fédérale d'Allemagne. Il reçoit pourtant de hautes distinctions et des titres honorifiques de ces deux états. En 1959, il reçoit l'ordre du mérite de la RFA. En 1966 il reçoit le Prix Lichtwark à Hambourg puis le Prix Martin-Andersen-Nexo à Dresden. Deux ans plus tard, il reçoit le Prix Rembrandt à Salzburg.

Otto Dix meurt des suites d'un infarctus en juillet 1969. Il a 77 ans.

vendredi 20 janvier 2012

Sarah Burke (1982-2012)

Elle était de cette race d'indomptable.

De celles qui voit le défi et en jouit.
Qui voit la neige tomber et qui salive.

Cet animal des montagnes avait besoin du froid dans les yeux, ne serais-ce que pour le braver.
Tout ce qui implique une pente et de la neige, elle y touchera.

À 19 ans, Burke remporte la première place au US Open de ski acrobatique dans la catégorie demi-lune et la seconde place dans la catégorie "slopestyle". La canadienne gagnera aussi 4 fois l'or aux Winter X Games. Elle devient la première femme à réussir des sauts de 720, 900 et 1080 degrés en compétition. Les filles n'ont pas la même reconnaissance que les boys, Burke se charge de changer la donne non seulement par ses performances mais elle devient aussi une ardente, et très charmante, militante de l'inclusion des compétitions féminines en ski acrobatique.

Ses luttes, son talent, son charme surement aussi, et ses arguments gagnent les responsables des olympiques qui choisissent d'inclure sa catégorie en compétition pour les Olympiques de Sotchi en Russie en 2014.

Elle est votée skieuse de l'année en 2001, et la meilleure athlète sportive féminine par ESPY et BERT en 2007.

L'été, elle fait aussi du vélo de montagne, de l'escalade. Elle peint aussi. Elle donne aussi un peu dans le travail de mannequin. Elle a ce qu'il faut.

Elle participe à beaucoup de films de promotion dans lesquels elle fait valoir son talent. Elle est aussi l'une des (belles)têtes d'affiche de la compagnie Roxy. Elle a inventé et incarné complètement son sport.

Elle marie un autre fou de la montagne en septembre 2010.

Elle se relevait d'une blessure subite à l'entrainement en 2010 et était revenue au meilleur de sa forme. Du moins c'est ce que l'on croyait.

Le 10 janvier dernier, elle s'entraine au SuperTube du Park City Mountain Resort Eagle en Utah. Au même endroit où le skieur Kevin Pearce a subi un très sérieux accident en 2009. En tombant sur la tête suite à une manoeuvre, l'accident n'avait pas l'air très sérieux. Toutefois elle tombe en arrêt cardiorespiratoire peu de temps après alors qu'elle est toujours sur la pente. Elle a été ressucitée, puis transportée en hélicoptère à l'hôpital de l'Université de l'Utah à Salt Lake City, où elle tombe dans le coma. On l'opère d'urgence mais les dégats sont trop graves et irréparables.

Elle s'éteint hier soir. Parti dompter les pentes du ciel.

C'est une véritable pionnière de son sport qui est morte hier à l'âge impossible de 29 ans.
Sa mort vient peut-être d'offrir le pire argument pour le rajout de la discipline aux olympiques de Sotchi en 2014.

Quoiqu'il arrive, elle aura quitté notre monde au sommet de la pyramide.
La reine de la montagne.

R.I.P. Sarah
Rest in Powder, là-haut aussi.

jeudi 19 janvier 2012

La Vie Pendant la Guerre

Lady McFuck était une femme tout ce qu'il y a de plus ordinaire.
Elle avait néanmoins eu une belle vie.

Peut-être un peu naive, mais dans l'ensemble elle avait réussi là où elle l'avait souhaité.

Femme d'ambition modestes, elle ne s'était même pas fixée comme objectif de se trouver un amoureux.

Voilà précisément pourquoi elle en avait trouvé un. Un bel homme. Jamais elle ne s'était dit que c'était lui qui allait la faire vivre avec son salaire à lui. Ce n'était d'aucune importance. Ils allaient être deux. Une équipe. Comblée au niveau sexuel, intellectuel et professionnel, elle gagnerait plus d'argent que lui. Comme enseignante au secondaire. Lui, il passerait de jobine en jobine dans les usines sans jamais décrocher le gros lot au niveau du salaire. C'est drôle comment toute sa vie elle aurait à faire face au mépris des autres femmes pour ça. Comme elle gagnait plus que son mari, automatiquement celui-ci devenait aux yeux des autres, un opportuniste. Si la situation avait été contraire, l'homme gagnant plus que sa conjointe, on l'aurait vu, lui,  comme un maudit bon gars pour elle. Et pourtant c'est exactement ce qu'il était: un maudit bon gars pour elle. Et pour leur fille, Carol-Anne. Un père exemplaire.
Elle avait aussi souffert le mépris des autres pour avoir placé sa fille à la garderie à l'âge de 8 mois. Elle avait dû supporter les discours les plus imbéciles sur l'éducation des enfants et l'impact d'un tel geste sur son enfant.

Sa fille allait grandir une fille extrèmement intelligente, alerte, allumée, extrèmement douée, complètement intégrée à tous les milieux, heureuse, en amour, au travail, avec ses 4 enfants. Très proche de sa mère et de son père. Pas le spectre de la fille en manque d'amour que l'on lui dépeignait qu'elle deviendrait alors.

Sa fille s'installerait à Londres, heureuse avec son mari et ses 4 enfants. Le mari de Lady McFuck, pour sa part, était décédé depuis un an.

Avec le temps, la vie n'aura fait que décevoir Lady McFuck. Le cynisme qui ne ferait que s'alourdir. À l'école d'abord dans les commissions scolaires avec le désastreux passage de Lucien Bouchard et de son équipe. Bouchard qui ne ferait que décevoir année après année devenant l'emblême même du ministre opportuniste se forgeant une fortune dans le domaine privé dans son après-carrière. Et ces cons se demanderaient pourquoi le cynisme était si pesant à l'égard des gens en politique. Ces même gens qui changent de bannière sans se soucier de ceux qui ont voté pour eux. Et nous aurions le culot de dire qu'Haïtï c'est insupportablement corrompu? Ce mépris absolu des gens. Comment font-ils pour bien dormir?

Et cette femme qui a osé parler d'éthique avant de quitter sa vie politique et incarnant la pute en chef en devenant vice-présidente de ceux qui bénificieront le plus du Plan Nord qu'elle s'était dessinée pour elle-même. Ça devrait être normal, ça devrait être correct. Taisez-vous les jaloux disent-ils. C'est devenu si normal qu'on annonce maintenant le crime avant qu'il n'arrive.

Lady McFuck n'en pouvait plus. C'était ça son monde? Un monde où on vous demandera de faire la promotion et de faire investir des gens pour un train qui ne passera jamais chez vous?  Un monde où doubler son année scolaire parce qu'on est pas asez bon n'existe plus? Un monde où parler en anglais serait un crime de lèse-majesté? Un monde où les assassins s'en tireraient en manipulant adéquatement? Un monde où on jugerait bon de déployer un hélicoptère pour parler du suicide d'un homme aux nouvelles?

McFuck était une mouche, ficelée dans une toile d'arraignées. Et les araignées régnaient.

Suivre l'actualité était devenu une telle tare pour Lady McFuck qu'elle choisit de ne plus se mettre au courant de rien.

Dans le délicieux film Life During Wartime de Todd Solondz il y a cette ligne:
"Sometimes It's just better to just let go".

"Fuck family, fuck motherhood, fuck the kids, I just don't care anymore" dit un autre personnage plus loin

C'est ce qu'à fait McFuck ce jour-là.
Pilules, alcool, voyage éternel.
Elle avait pourtant l'air si heureuse dans la vie.
Mais elle ne voulait tellement plus de cette vie qu'on lui dessinait à grands coups de viol.

Toujours dans Life During Wartime, l'échange est le suivant entre une jeune fille et le fantôme de son ancien amoureux:
"Do you think Helen's happy?" (en parlant de sa soeur que l'on entend baiser dans la pièce voisine)
 "I think so" lui répond le fantôme de l'ancien amoureux.
"I think she's faking it" lui dit la fille.

Le fantôme c'est les illusions naives du passé.
C'est cette race de limace à la déroutante odeur de pets de vache qui nous baise dans la pièce d'à côté.
Et nous sommes ceux qui remarquont qu'ils font semblant tout le temps.

La soldate McFuck n'était pas armée pour cette guerre.

mercredi 18 janvier 2012

Une Année Kubrick

2012.
Dans 2012 il y a le 12 si propre aux superstitions mayas.

Stanley Kubrick est mort il y a déjà 12 ans.

Dans toute sa carrière il n'aura réalisé que 12 long métrages. (le tout premier étant retiré/supprimé par l'auteur)

Il y a 12 mois dans une année.
Faites-vous plaisir et si vous ne le connaissez pas, découvrez-le.
Si vous le connaissiez déjà, RE-découvrez-le.

Il y a tant à savourer dans ses films. Dans son oeuvre. Dans la vision de son impressionant parcours visuel, à mon humble avis sans faille. C'est le Ken Dryden* du cinéma. Un grand artiste inoubliable et immortel.

Un film par mois, dans le désordre:
(les # sont l'ordre dans lesquels il les as tournés et non un ordre affectif)

Janvier:
Paths of Glory. 1957. Avec Kirk Douglas, Adolphe Menjou et George Macready. Lorsqu'un peloton de soldats refuse de foncer dans un combat perdu d'avance durant la Première Grande Guerre, on choisit de sélectionner trois soldats au hasard pour en faire des exemples. Cynisme calculé. Scènes de combat hallucinantes. Récit captivant d'une brutale ironie. Personnages extrèmement bien dessinés sous la plume de Kubrick, Calder Willingham et Jim Thompson et bien campés par les principaux protagonistes. Réalisation splendide. Le film préféré de Kirk Douglas dans sa longue filmographie. Film #3 de SK

Février:
Bon, je n'ai pas commencé par le plus joyeux des films alors pour le mois le plus court, le mois le plus froid, je vous offre de quoi rigoler, un film toujours d'actualité: Dr.Strangelove. 1963. Avec Peter Sellers (en trois incarnations), George C.Scott et Sterling Hayden. Un officier Étatsunien ordonne une attaque nucléaire sur la Russie. Féroce satire de la guerre froide alors en cours. Sellers à son meilleur. La séquence au téléphone avec son homologue Russe est un classique. Le pouvoir militaire y est traité avec un humour noir désopilant. Incontournable de son oeuvre et rare comédie. Film #6 de SK

Mars:
Guerre, Politique Nucléaire, ça va... je n'ai pas choisi les sujets les plus sexy, je vous amène ailleurs, allons là-haut, bien bien haut puisque vous n'êtes pas convaincu: 2001: A Space Odyssey. 1968.Avec Keir Dulla, Gary Lockwood et William Sylvester. Un autre incontournable, le chef d'oeuvre zen d'un réalisateur des années en avance sur son temps. L'influence mondiale qu'à eu ce film est incalculable. Un an plus tard l'homme allait "marcher sur la lune".  Certains disent que ce sont ses décors à lui qui ont servi...enfin. Arthur C. Clarke, l'auteur du roman duquel est tiré le film a même concédé que le film était meilleur que son livre. Fort inspirant en tout cas. Pour une expérience zen alors que l'hiver tire à sa fin. Film #7 de SK

Avril:
Frayeur et démence: The Shining. 1980. Avec Jack Nicholson, Shelley Duvall et Scatman Crothers. L'histoire d'un couple dont le mari est engagé comme gardien d'un hôtel et qui sombre lentement dans la dérive mentale. Fantastique épopée psychologique. Impressionnnate mise en abyme. Séquences hantées mémorables. Mise en scène brillante. L'objectif de la caméra semble survoler les personnages et donne la sensation d’une présence, du vol en suspension d’un esprit invisible qui surveille leurs faits et gestes. Interprétation intense de Nicholson et de Duvall. Parfum schyzophrénique. Le spectateur Stephen King trouve le film excellent, mais le romancier est extrêmement mécontent, le scénario trahit l'esprit de son livre, il refusera d’apparaître au générique final du film. Film #10 de SK.

Mai:
Calmons nous ce printemps et plongeons dans l'exquis décor de la société anglaise du 18ème siècle: Barry Lyndon. 1975. Avec Ryan O'Neal, Marisa Berenson et Patrick Magee. L'histoire, inspirée d'un cas réèl, d'un opportuniste irlandais qui épouse une riche femme afin de se frayer une chemin en haute société chez les aristocrates. Éclairages 100% naturels, à la bougie pour les scène d'intérieurs qui deviennent du coup, tout à fait extraordinaires. Reconstitution d'époque fastueuse, minutieuse et précise. Réalisation magistrale.  Le film bénéficie d'une photographie exceptionnelle, véritable prouesse technique qui lui confère une esthétique plutôt sombre et très particulière, tout à fait dans le ton de l'histoire et des peintures de genre de l'époque. 4 oscars pour cet échec commercial. film# 9 de SK.

Juin:
Vous venez de voir le film le plus lent de Kubrick, avec l'arrivée de l'été arrive l'action, la débauche aussi: The Killing. 1956. Avec Sterling Hayden, Coleen Gray et Vince Edwards. Un homme sorti de prison organise avec des complices un vol de 2 millions de dollars dans un hippodrome. Style abrupt et explosif. Étonnantes prises de vues du jeune Kubrick. Interprétation efficace. Multiple narrateurs parlant d'un même coup monté, concept qui influencera des réalisateurs du futurs dans leur idées de films. L'un de ses films les plus courts(1h23), car je sais que vous voulez allez jouer dehors avec le beau temps qui se pointe. Film #2 de SK.

Juillet:
Alors là il faudra vous garder une journée de pluie pour celui-là: A Clock Work Orange. 1971. Avec Malcolm McDowell, Patrick Magee et Anthony Sharpe. Un jeune voyou accepte de servir de cobaye à une expérience de réhabilitation rapide par des moyens scientifiques. Visions cauchemardesques présentées avec brio. Ironie, cynisme et violence accrue. Traitement fin, envoûtant et provocant à la fois. Trame sonore hantée. Rôle d'une vie pour Malcolm McDowell. Film indécrottable de l'imaginaire de ceux qui l'ont vu. Un gardien de sécurité dans ce film incarnera Darth Vader des années plus tard et Lucas dira que c'est en voyant la taille de David Prowse dans ce film qu'il l'a choisi. À voir, peu importe vos allégeances cinématographiques. Film #8 de SK

Août:
Les cooccurrences de la guerre. La guerre ne prend pas de vacances, ce film en deux parties bien distinctes vaut le coup d'oeil: Full Metal Jacket. 1987. Avec Matthew Modine, Adam Baldwin et Vincent D'Onofrio qui a pris 70 livres (!!!) pour son rôle. Entrainement rigoureux et fort intense de recrues de l'armée dans la première partie, ces mêmes recrues sur le sol des combats au Vietnam dans la seconde. Vision cynique et désabusée de la guerre et de l'armée. Traitement d'une grande maîtrise. Interprétation intense (De D'Onofrio entre autre). Adaptation du roman The Short-Timers de Gustav Hasford publié en 1979. Film #11 de SK

Septembre:
C'est la rentrée et tout le monde est occupé. Allons y donc avec une film court, un film noir, le premier, puisque septembre est le début de toutes sortes de choses, offrons nous le tout début de sa carrière: Killer's Kiss. 1955. Avec Frank Silvera, Jamie Smith et Irene Kane. Un boxeur s'éprend d'une danseuse et la défend contre des gangsters. Humble film noir tourné en partie dans l'ancienne station de métro New Yorkaise Penn Station démolie en 1963. Irene Kane est en fait le nom d'actrice que se donnera la journaliste et auteure Chris Chase dans les années qui suivront. Film #1 de SK

Octobre:
Séduction, moralité bordeline, désir, humour, Peter Sellers à nouveau, Chronique douce-amère du désir: Lolita. 1962. Avec James Mason, Sue Lyon et Shelley Winters. Adaptation intelligente et soignée de l'audacieux roman de Nabokov. Mise en scène merveilleusement maitrisé. Interprétation tout en nuance et fort juste. Le film navigue en eau trouble de manière fort habile. Seul Todd Solondz semble être capable de nos jours de jongler avec des thèmes moralement aussi délicats et inconfortables comme ceux-ci, et de réussir à nous faire rire là où on pourrait aisément grincer des dents. Oser traiter du désir pédophilique en 1962. Ouf! Audace et brio de la part de Kubrick. Film #5 de SK.

Novembre:
Vous croyez que Gladiator a tout inventé? Naaaah! ce n'est qu'une pâle copie du bébé de Kirk Douglas: Spartacus. 1960. Avec Kirk Douglas, Laurence Olivier et Jean Simmons.  En 73 avant J.C., le gladiateur Spartacus se fait le leader d'une révolte contre les Romains. Drame historique étonnant. Premier film en couleurs de Kubrick (il n'en fera que 7 en couleurs au total). Mise en scène intelligemment spectaculaire. Ensemble impressionnant. Interprétation fort habile. Kubrick est amené dans le projet par son ami Kirk Douglas avec lequel il venait de tourner Paths Of Glory. Anthony Mann a été remplacé après une première semaine de tournage catastrophique aux yeux du producteur Douglas. Film # 4 de SK. Le seul que je n'ai jamais vu.

Décembre:
Il faut finir par la fin. Le dernier film de Kurbrick est aussi son plus tordu. Son plus sexuel en tout cas. Quoi de mieux que le temps des fêtes pour se coller sur son amour?: Eyes Wide Shut. 1999. Avec Tom Cruise, Nicole Kidman et Sidney Pollack. Une femme fait la confession d'avoir eu une sévère et intense attirance envers d'autres hommes à son mari le lançant dans un déséquilibre total où les sociétés secrètes lui ouvrent ses portes. Film où les glissements se trouvent partout.  Adaptation libre d'un écrit de l'incroyable Arthur Schnitzler daté de 1926. Érotique. Intense. Raffiné. Mystérieux. Gothique. Musical. Magique. Kubrick ne survit pas à la vie en salle de son film. Le couple Cruise/Kidman non plus. La dernière ligne de ce film à elle seule est un bijou. Si je me rappelle bien ça va comme suit:
Lui: "At the end of it all, there is just one thing left to do"
Elle: "Your' re right, let's fuck"
GÉNÉRIQUE.

La carrière de Kubrick qui se termine sur un grand rire.
Lui qui nous en avait fait voir de toutes les couleurs, même en noir et blanc.

J'aurais dû vous le proposer plus tôt, nous sommes tard en janvier.
Mais si vous aimez le ciné, je vous propose une année Stanley.
Rien à voir avec le hockey.
Un film par mois et vous l'aurez 100% exploré.
Pas compliqué.

J'espère que comme moi, vous l'aimerez.

Tiens je crois que je vais m'imposer ce régime moi aussi...par pur plaisir

*Ken Dryden a eu une carrière de 8 saisons dans la LNH et a gagné 6 coupes Stanley. Difficile de faire mieux.